Contraception hormonale et cancers : Différence entre versions

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(Le risque est-il dépendant de la durée d’utilisation ?)
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[1] [https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3055790/ Hunter DJ, Colditz GA, Hankinson SE, Malspeis S, Spiegelman D, Chen W, et al. ORAL CONTRACEPTIVE USE AND BREAST CANCER: A PROSPECTIVE STUDY OF YOUNG WOMEN. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. oct 2010;19(10):2496-502].
 
[1] [https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3055790/ Hunter DJ, Colditz GA, Hankinson SE, Malspeis S, Spiegelman D, Chen W, et al. ORAL CONTRACEPTIVE USE AND BREAST CANCER: A PROSPECTIVE STUDY OF YOUNG WOMEN. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. oct 2010;19(10):2496-502].
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'''Mots clés''' : contraceptifs oraux hormonaux ; cancer du sein [''oral contraceptives, hormonal ; breast cancer''].
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===Le risque est-il dépendant de la nature des produits ?===
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'''Le risque de cancer du sein diffère selon la nature des produits et leurs associations'''.
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L’étude danoise de Mørch LS et al. [1] a inclus 1 797 932 femmes de 15 à 49 ans vivant au Danemark, non immigrées, après exclusion de celles ayant des antécédents de cancer, thrombo-embolie, traitement pour infertilité.
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Il n’y avait pas de différence majeure entre les différents types de contraceptifs. Le RR était similaire, 1,21 (1,04-1,41) et 1,45 (1,26-1,67) respectivement avec les présentations triphasiques et monophasiques contenant du lévonorgestrel (LNG) (p=0,07), de même avec celles contenant de la noréthistérone ou du LNG + 50 µg d’œstrogène et les combinaisons des mêmes produits avec 20 ou 40 µg d’œstrogène.
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L’effet lié à la durée d’utilisation n’était significatif que pour les produits à base de gestodène (p=0,003).
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Le risque relatif ne différait pas entre le LNG d’un DIU ou par voie orale : 1,21 (1,11-1,33).
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Peu de cancers étaient observés liés à l’implant au LNG, à l’acétate de médroxyprogestérone, aux patchs et anneaux vaginaux : RR respectivement 0,93 (0,48-1,79), 0,95 (0,40-2,29), 0,85 (0,21-3,41) et 0,97 (0,62-1,50).
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Dans la Nurses’Health Study [2] toutes les préparations contenant du norgestrel étaient associées à une augmentation du risque (1,89 ; 1,05-3,41). Celles à base de noréthisterone n’étaient pas associées à une augmentation du risque de même que les formulations monophasiques à base de LNG. Chez les utilisatrices en cours, comparativement aux non utilisatrices, l’association triphasique éthinylestradiol + LNG était significativement associée, en analyse multivariée, au risque de cancer du sein (RR 3,05 ; 2,00-4,66) avec un excès de risque de 129 cas pour 100 000 personnes / années.
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'''Le risque de développer un cancer du sein chez les femmes ayant recours à une contraception orale est peu influencé par la composition des produits à l’exception des présentations à base de norgestrel et de gestodène et triphasiques à base de lévonorgestrel'''.
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'''Références'''
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[1] Mørch LS, Skovlund CW, Hannaford PC, Iversen L, Fielding S, Lidegaard Ø. Contemporary Hormonal Contraception and the Risk of Breast Cancer. New England Journal of Medicine. 7 déc 2017;377(23):2228 39.
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[2] [https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3055790/ Hunter DJ, Colditz GA, Hankinson SE, Malspeis S, Spiegelman D, Chen W, et al. ORAL CONTRACEPTIVE USE AND BREAST CANCER: A PROSPECTIVE STUDY OF YOUNG WOMEN. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. oct 2010;19(10):2496-502].
  
 
'''Qualité de la preuve''' : Niveau 3
 
'''Qualité de la preuve''' : Niveau 3
  
 
'''Mots clés''' : contraceptifs oraux hormonaux ; cancer du sein [''oral contraceptives, hormonal ; breast cancer''].
 
'''Mots clés''' : contraceptifs oraux hormonaux ; cancer du sein [''oral contraceptives, hormonal ; breast cancer''].

Version du 28 mai 2019 à 15:29

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Contraception hormonale et K du sein

La contraception hormonale augmente-t-elle le risque de cancer du sein ?

Les résultats des études suggèrent que la contraception hormonale augmente légèrement l’incidence du cancer du sein.

Dans une revue systématique [1] de 15 études cas contrôle (36682 femmes) et 8 études de cohorte (317341 femmes dans 5 études et 3 981 072 années/femme dans 3 études) l’incidence du cancer du sein chez les utilisatrices comparativement aux non utilisatrices de contraception orale augmente légèrement mais significativement : Odds Ratio (OR) 1,08 (IC 95% : 1-1,17).

L’estimation de l’augmentation du risque absolu de cancer du sein sur toute la durée de vie est de 0,89% ; nombre nécessaire pour nuire (NNH)= 113. Plus le délai depuis la dernière utilisation de CO augmente plus le risque diminue, OR respectivement 1,21 (1,04-1,41) entre 1 et 5 ans, 1,17 (0,98-1,38) entre 5 et 10 ans et 1,02 (0,88-1-18), c’est à dire sans effet, après 20 ans.

Dans la Nurses’Health Study [2] chez les utilisatrices passées le risque diminue avec le temps depuis l’arrêt : 1,69 (1,10-1,60) et 0,82 (0,53-1,27) avant et après 4 ans ce qui laisse supposer une élimination du risque 4 ans après l’arrêt. Mais ces résultats sont de faible niveau de preuve du fait d’un haut niveau d’hétérogénéité entre les différentes études.

Il existe donc une légère augmentation du risque de cancer du sein chez les femmes utilisatrices de contraception orale mais qui s’atténue progressivement après l’arrêt.

Référence :

[1] Gierisch JM, Coeytaux RR, Urrutia RP, Havrilesky LJ, Moorman PG, Lowery WJ, et al. Oral Contraceptive Use and Risk of Breast, Cervical, Colorectal, and Endometrial Cancers: A Systematic Review. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 1 nov 2013;22(11):1931 43.

Qualité de la preuve : Niveau 3

Mots clés: contraceptifs oraux hormonaux ; cancer du sein [oral contraceptives, hormonal ; breast cancer].

Le risque est-il dépendant de la durée d’utilisation ?

Le risque de cancer du sein augmente pour les longues durées d’utilisation.

Dans la revue systématique de Gierisch [1] il n’y avait pas de lien en fonction de la durée d’utilisation, moins d’1 an, 1 à 5 ans ou 5 à 10 ans : OR respectivement 0,95 (0,83-1,09), 1,03 (0,92-1,15) et 1,04 (0,93-1,17).

Une étude danoise [2] a inclus 1 797 932 femmes de 15 à 49 ans vivant au Danemark, non immigrées, après exclusion de celles ayant des antécédents de cancer, thrombo-embolie, traitement pour infertilité. Les données concernant l’utilisation de contraception hormonale (CH = CO ou DIU au lévonorgestrel), étaient régulièrement mises à jour tout au long du suivi, et l’utilisation était classée en actuelle, récente (arrêt depuis moins de 6 mois), ou antérieure (arrêt depuis plus de 6 mois).

Sur un suivi moyen de 10,9 ± 5,8 ans et un total de 19,6 millions personnes/années 11 517 cancers incidents ont été relevés. Comparativement aux femmes n’ayant jamais utilisé une contraception hormonale le risque relatif (RR) chez les utilisatrices en cours ou récentes était de 1,20 (1,14-1,26) augmentant avec la durée d’utilisation, respectivement de 1,09 (0,96-1,23) pour une durée inférieure à 1 an à 1,38 (1,26-1,51) pour une durée supérieure à 10 ans (p = 0,002).

Chez les femmes ayant antérieurement utilisé une CH le risque était augmenté pour une utilisation sur une longue période de 5 ans ou plus, sur-risque persistant pendant au moins 5 ans après l’arrêt. Il n’y avait pas d’augmentation du risque pour une utilisation pendant moins de 5 ans.

Chez les femmes ayant recours à une contraception orale il existe un sur-risque de cancer du sein qui augmente progressivement au-delà de la 5e année d’utilisation et diminue progressivement après l’arrêt sur une durée de 4 à 5 ans.

Références :

[1] Gierisch JM, Coeytaux RR, Urrutia RP, Havrilesky LJ, Moorman PG, Lowery WJ, et al. Oral Contraceptive Use and Risk of Breast, Cervical, Colorectal, and Endometrial Cancers: A Systematic Review. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 1 nov 2013;22(11):1931 43.

[2] Mørch LS, Skovlund CW, Hannaford PC, Iversen L, Fielding S, Lidegaard Ø. Contemporary Hormonal Contraception and the Risk of Breast Cancer. New England Journal of Medicine. 7 déc 2017;377(23):2228 39.

Qualité de la preuve : Niveau 3

Mots clés : contraceptifs oraux hormonaux ; cancer du sein [oral contraceptives, hormonal ; breast cancer].

Le risque est-il influencé par l’âge ?

Le risque de cancer du sein chez les utilisatrices de contraception hormonale n’est pas significativement modifié en fonction de l’âge.

La Nurses’ Health Study II [1], étude prospective de 1989 à 2001, a inclus, après exclusion à la base des femmes ayant des antécédents de cancers, 116 608 infirmières américaines de 24 à 43 ans. Elles ont été interrogées, par questionnaire tous les deux ans pendant 12 ans, sur leur utilisation de contraception orale et sa durée pendant les deux années passées et la survenue éventuelle d’un cancer du sein. Le taux de réponse des participantes toujours en vie était ≥ 90%.

Sur un suivi de 1 246 967 personnes / années 1344 cas de cancer invasif du sein ont été diagnostiqués. En analyse multivariée le risque relatif (RR) était respectivement de 1,12 (0,95-1,33) et 1,33 (1,03-1,73) chez les utilisatrices passées et en cours.

Chez les utilisatrices en cours le RR augmentait légèrement mais non significativement avec une durée d’utilisation supérieur à 8 ans (1,42 ; 1,04-1,94).

Référence :

[1] Hunter DJ, Colditz GA, Hankinson SE, Malspeis S, Spiegelman D, Chen W, et al. ORAL CONTRACEPTIVE USE AND BREAST CANCER: A PROSPECTIVE STUDY OF YOUNG WOMEN. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. oct 2010;19(10):2496-502.

Qualité de la preuve : Niveau 3

Mots clés : contraceptifs oraux hormonaux ; cancer du sein [oral contraceptives, hormonal ; breast cancer].

Le risque est-il dépendant de la nature des produits ?

Le risque de cancer du sein diffère selon la nature des produits et leurs associations.

L’étude danoise de Mørch LS et al. [1] a inclus 1 797 932 femmes de 15 à 49 ans vivant au Danemark, non immigrées, après exclusion de celles ayant des antécédents de cancer, thrombo-embolie, traitement pour infertilité. Il n’y avait pas de différence majeure entre les différents types de contraceptifs. Le RR était similaire, 1,21 (1,04-1,41) et 1,45 (1,26-1,67) respectivement avec les présentations triphasiques et monophasiques contenant du lévonorgestrel (LNG) (p=0,07), de même avec celles contenant de la noréthistérone ou du LNG + 50 µg d’œstrogène et les combinaisons des mêmes produits avec 20 ou 40 µg d’œstrogène.

L’effet lié à la durée d’utilisation n’était significatif que pour les produits à base de gestodène (p=0,003).

Le risque relatif ne différait pas entre le LNG d’un DIU ou par voie orale : 1,21 (1,11-1,33).

Peu de cancers étaient observés liés à l’implant au LNG, à l’acétate de médroxyprogestérone, aux patchs et anneaux vaginaux : RR respectivement 0,93 (0,48-1,79), 0,95 (0,40-2,29), 0,85 (0,21-3,41) et 0,97 (0,62-1,50).

Dans la Nurses’Health Study [2] toutes les préparations contenant du norgestrel étaient associées à une augmentation du risque (1,89 ; 1,05-3,41). Celles à base de noréthisterone n’étaient pas associées à une augmentation du risque de même que les formulations monophasiques à base de LNG. Chez les utilisatrices en cours, comparativement aux non utilisatrices, l’association triphasique éthinylestradiol + LNG était significativement associée, en analyse multivariée, au risque de cancer du sein (RR 3,05 ; 2,00-4,66) avec un excès de risque de 129 cas pour 100 000 personnes / années.

Le risque de développer un cancer du sein chez les femmes ayant recours à une contraception orale est peu influencé par la composition des produits à l’exception des présentations à base de norgestrel et de gestodène et triphasiques à base de lévonorgestrel.

Références

[1] Mørch LS, Skovlund CW, Hannaford PC, Iversen L, Fielding S, Lidegaard Ø. Contemporary Hormonal Contraception and the Risk of Breast Cancer. New England Journal of Medicine. 7 déc 2017;377(23):2228 39.

[2] Hunter DJ, Colditz GA, Hankinson SE, Malspeis S, Spiegelman D, Chen W, et al. ORAL CONTRACEPTIVE USE AND BREAST CANCER: A PROSPECTIVE STUDY OF YOUNG WOMEN. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. oct 2010;19(10):2496-502.

Qualité de la preuve : Niveau 3

Mots clés : contraceptifs oraux hormonaux ; cancer du sein [oral contraceptives, hormonal ; breast cancer].