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Quels médicaments utiliser dans l’accompagnement au sevrage alcoolique?

Médicaments visant à réduire l’appétence pour l’alcool: Deux produits appartiennent à cette catégorie : l’acamprosate et la naltrexone. L’efficacité a été démontrée, mais s’avère modérée, voire controversée, y compris chez les sujets compliants. En l’absence d’études comparatives, il est impossible de déterminer l’efficacité relative et la place de chaque produit.

Acamprosate
La durée du traitement recommandée par l’AMM est de 1 an à la posologie de 6 comprimés par
jour, pour un poids supérieur à 60 kg et de 4 comprimés pour un poids inférieur à 60 kg. Quelques études randomisées ont montré à 3 mois et à 1 an un effet positif. Les effets indésirables sont limités. La diarrhée en est le principal ; elle est dose dépendante. Il n’y a pas de caractère prédictif d’un sous-groupe de patients répondeurs.

Naltrexone
La durée du traitement recommandée par l’AMM est de 3 mois. Rien ne permet de déterminer la
durée optimale du traitement. La posologie est de 1 comprimé par jour. Les effets indésirables les plus fréquemment rencontrés sont des nausées et des céphalées. La naltrexone ne doit jamais être utilisée chez des sujets en état de dépendance aux opiacés. Deux études randomisées contre placebo ont démontré une efficacité en termes d’amélioration d’abstinence en réduisant l’envie compulsive de boire (craving).

Médicament à effet antabuse: Disulfirame
Il n’y a pas d’indication pour l’induction volontaire, par le thérapeute, de crises aversives, et cette pratique ne saurait être recommandée.
Son utilisation provoque chez le sujet consommant de l’alcool, une réaction très désagréable, faite de sensations de malaises avec anxiété et troubles neuro-végétatifs. Des réactions graves ont été décrites pouvant aller jusqu’au coma, au collapsus cardiovasculaire, voire au décès. Lors du traitement, des complications graves comme des hépatites fulminantes, des réactions neuropsychiatriques, des névrites optiques et des neuropathies ont été décrites. Le nombre d’études contrôlées est faible, elles ne plaident pas en faveur de son utilisation dans le maintien de l’abstinence. Par contre, la consommation d’alcool, à la fois en quantité et en fréquence, est moindre chez les patients qui font l’expérience d’une réaction antabuse. La prise de position par rapport au traitement antabuse est plus complexe qu’il n’y paraît. La littérature livre peu d’arguments en faveur de son efficacité. Il ne fait plus partie du traitement de première intention, compte tenu du rapport bénéfices-risques défavorable et doit être réservé à des traitements ponctuels dans des situations ciblées.

Source: ANAES Conférence de consensus. Objectifs, indications et modalités du sevrage du patient alcoolodépendant. 17 mars 1999.