Du 02 octobre 2020 au 08 décembre 2020 : Épuisement professionnel ou burnout des professionnels de santé : Soigner sans périr - S10
Action ANDPC n° 10842000005 S10

De nombreuses définitions du syndrome d’épuisement professionnel, équivalent en français du terme anglais burnout (BO) existent aujourd’hui, tant centrées sur la relation employeur-employé́ que sur la perception de soi. Dans les classifications des troubles psychiatriques, aucune définition sur le BO n’est spécifiée. Ce dernier est considéré́ comme faisant partie des troubles de l’adaptation. On s’accorde à décrire le BO comme un syndrome tridimensionnel englobant l’épuisement professionnel, la dépersonnalisation et la perte du sentiment d’accomplissement personnel . Selon l’Agence européenne pour la sécurité́ et la santé au travail (EU-OSHA), 28% des travailleurs européens seraient « exposés à au moins un facteur susceptible d’affecter de manière défavorable leur bien-être mental », dont 23 % des hommes et 20 % des femmes, notamment entre 40 et 54 ans . Il affecte plus particulièrement les professions d’aide, de soins, de formation (médecins, infirmières, travailleurs sociaux, enseignants...) . Les professionnels de santé représentent une population particulièrement exposée du fait d’un certain nombre de facteurs de risque : exigence de performance, image d’infaillibilité, confrontation avec la souffrance et la mort 4.
Le BO n’est pas une maladie caractérisée. C’est un ensemble syndromique se traduisant par un « épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel » définition donnée par l’Anact, l’INRS et La DGT.
L’épuisement professionnel est classé parmi les risques psychosociaux, concept établi à partir de la reconnaissance de facteurs de risques centrés sur les conditions de travail de plusieurs syndromes comme le stress au travail, la souffrance au travail, certains troubles musculosquelettiques.
Ce syndrome peut se traduire par des manifestations plus ou moins importantes, d’installation progressive et souvent insidieuse, en rupture avec l’état antérieur, notamment émotionnelles, cognitives, comportementales ou interpersonnelles, motivationnelles ou physiques non spécifiques .
La démarche diagnostique vise à caractériser la sévérité́ du trouble. Elle doit permettre de repérer d’éventuelles pathologies sous-jacentes telles que, notamment, un trouble de l’adaptation, un trouble anxieux, un trouble dépressif ou un état de stress post-traumatique. Le risque suicidaire doit être particulièrement évalué́.

Évaluer le contexte professionnel. La démarche implique une recherche des facteurs de risque 4. Au-delà des causes intrinsèques liées à l’individu lui-même et des causes extrinsèques liées à la fonction il est essentiel de rechercher les causes du BO dans l’organisation du travail et son management . Le modèle de Karasek repose sur l’hypothèse qu’une situation de travail se caractérisant par une association d’une demande psychologique élevée et d’une autonomie décisionnelle faible peut accroître le risque de développer un problème de santé somatique ou mentale.

Il n’existe pas de recommandation pratique de prise en charge globale de l’épuisement professionnel en milieu de travail .
La prise en charge vise à traiter le trouble identifié ainsi qu’à agir sur le contexte socioprofessionnel à l’origine du trouble 4.
Le test d’inventaire du BO de Maslach permet d’explorer les trois dimensions du BO : l’épuisement émotionnel, (comment la personne perçoit son travail), la déshumanisation (sa capacité à gérer la relation aux autres), son degré d’accomplissement personnel au travail. Il peut éventuellement être utilisé comme outil pour guider un entretien avec le patient.
L’épuisement professionnel est un risque professionnel pour un médecin : Des faits sociaux indiquent que de nombreux professionnels médicaux qu’ils soient salariés, libéraux ou en formation présentent un risque d’épuisement professionnel à savoir le taux d’absentéisme à l’hôpital entre 10 à 14% sur toutes les catégories de personnel, la désaffection de la filière de médecine générale, l’incidence élevée du suicide dans la population médicale et un taux d’épuisement professionnel de 40 à 54% suivant les enquêtes.
Le médecin traitant est clairement en première ligne pour détecter les premiers signes de BO , et a un rôle pivot de coordonnateur de la prise en charge 4 :
- Arrêt de travail de durée adaptée à l’évolution ;
- Traitements éventuels spécifiques des symptomatologies présentées par le patient ;
- Orientation éventuelle vers un psychiatre ;
- Prise de contact avec l’accord du patient et par son intermédiaire avec le médecin du travail ;
- Orientation et aide pour les démarches socio-professionnelles et médico-administratives ;
- Préconisation de mesures de prévention.

Objectifs :
L’objectif général de cette formation est double :
A- Permettre aux participants de s’approprier le concept de l’épuisement professionnel et ses différentes dimensions pour améliorer la prise en charge de leurs patients dont peut être un confrère ou un autre professionnel de santé.
B- Permettre à chaque médecin participant d’étudier les facteurs de risques de sa profession médicale et de rechercher des moyens pour se protéger d’un épuisement professionnel
Objectifs
À l’issue de cette formation les participants doivent être capables de :
1. Identifier les trois dimensions caractéristiques d’un syndrome d’épuisement professionnel.
2. Identifier les principaux facteurs de risque d’épuisement professionnel.
3. Définir avec le patient les grandes lignes de la prise en charge et les différents intervenants.
4. Connaitre les spécificités des facteurs de risques et des symptômes d’un épuisement professionnel chez un professionnel de santé.

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