Du 19 juin 2020 au 25 août 2020 : Violences au sein du couple : quel rôle du médecin généraliste ? - S9
Action ANDPC n° 10842000003 S9

Depuis plusieurs années en France, les conséquences de la violence dans un couple pour la victime et pour les enfants vivant sous le même toit sont analysées avec la recherche de mesures judiciaires et sociales pour protéger la victime et ses enfants .
Un phénomène sous-estimé et souvent caché
Cette réalité décrite dans une enquête française de 2017 estime que 219 000 femmes âgées de 18 à 75 ans ont déclaré avoir été victimes de violences physiques et / ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint ; les 3/4 déclarent des faits répétés, 5/10 déclarent avoir été soumises à des atteintes psychologiques, et/ou des agressions verbales. Moins d’une femme sur cinq déclare avoir porté plainte. En 2017, 112 000 victimes âgées de plus de 18 ans ont déposé une plainte ou une main courante auprès des services de police et de gendarmerie pour violences physiques et /ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint. Parmi les 109 femmes tuées en 2017 par leur ex-partenaire officiel, 54 avaient été victimes de violences antérieurement, pour les 16 hommes tués par leur ex- partenaire officiel,11 étaient auteurs de violences.
Le recours à un professionnel de santé est le premier recours des femmes victimes de violences au sein du couple : 30% ont consulté un psychiatre ou un psychologue, 27% un médecin, 21% ont parlé de leur situation aux services sociaux, une sur dix a contacté le N° vert, une sur dix une association d’aide aux victimes et 44% n’ont fait aucune démarche.
Un risque de séquelles invalidantes et psychologiques graves
Une situation de violence conjugale sous toutes ses formes peut être la cause pour la victime de blessures, certaines avec des séquelles invalidantes ou un risque de décès sous les coups. Ceci a des conséquences psychologiques graves dont un risque de suicide, une sidération de sa capacité à agir qui s’ajoute aux divers obstacles mis par le conjoint, un état post traumatique qui peut facilement se chroniciser . Les enfants sont des témoins-victimes avec des carences éducatives nombreuses et peuvent développer, en grandissant, un trouble dissociatif puis un syndrome post traumatique complexe qui ne seront pas étudiés dans ce DPC.
Savoir rechercher pour accompagner et orienter les victimes
La rencontre entre un médecin et la victime peut se faire après une agression pour les soins et le certificat médico-légal pour coups et blessures volontaires. Mais souvent le médecin n’a pas connaissance des violences conjugales que sa patiente endure, alors qu’elle peut présenter des troubles anxiodépressifs, des alcoolisations, un syndrome post traumatique, de nombreux symptômes fonctionnels sans diagnostic d’une pathologie précise sachant qu’aucun signe, syndrome ou pathologie ne sont spécifiques .
La période de la grossesse de la femme est à haut risque de violences. Poser la question à chaque patiente au sujet de la possibilité de violences conjugales est discuté en médecine générale mais cette façon de faire serait appréciée par les femmes victimes.
La pratique de dépistage et d’accompagnement d’une femme victime de violences conjugales est freinée par le cadre professionnel d’exercice, les opinions personnelles des médecins, la peur de l’échec, et les difficultés dans lesquelles se débat la victime . De la suspicion du problème à l’orientation des victimes vers d’autres acteurs, l’accompagnement d’une femme victime de violences conjugales peut être un processus long et compliqué mais essentiel.
La formation portera sur la description des différentes violences exercées suivant un cycle assez fixe dans ses étapes chez la plupart des agresseurs et leurs répercussions sur l’état de santé de la victime. Repérer les signes cliniques en rapport avec un vécu de violences répétées de la personne est l’objectif principal du praticien. L’organisation des prises en charge sociales et juridiques en France en 2018 avec les partenaires sera abordée en général mais il existe des particularités d’organisation régionales ou départementales. Ce e-DPC diffusera les adresses des sites d’informations spécialisées.

Objectifs :
Objectifs généraux : A l’issue de ce programme les participants doivent être capables de :
A-Repérer une femme victime de maltraitance ou de violences ;
B-Analyser la situation ;
C-L ’informer sur ses droits et les démarches à entreprendre.
Objectifs spécifiques
A l’issue de ce programme les participants doivent être capables de :
1. Identifier les symptômes physiques et psychologiques évocateurs de maltraitance.
2. Permettre à la victime de s’exprimer sur les possibles violences au sein de son couple en lui réaffirmant la confidentialité.
3. Connaître les effets du cycle des violences sur le psychisme de la victime ;
4. Identifier les structures d’aide d’un point de vue social, psychologique, juridique, dans le cadre des dispositifs légaux ;
5. Aider la victime, quand elle le décidera, à construire avec d’autres professionnels médicaux et sociaux la prise en charge protectrice et adaptée à sa situation.

2020 Nouvelle règle de gestion

Les actions de DPC suivies les dimanches et jours fériés ne donneront plus lieu au versement d'une indemnisation pour perte de ressources aux professionnels de santé.

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