Du 01 juin 2019 au 31 août 2019 : Inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Pas toujours inoffensifs ! - S6

Le plus 2019 en fin de programme : cas clinique rappel des messages clés

Action ANDPC n° 10841900057 S6
La prévalence des traitements de longue durée par inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) est en forte augmentation. Leur efficacité est prouvée et leur tolérance à court terme semble bonne. Cependant, il y a lieu de s’interroger sur d’éventuels effets indésirables lors d’administration prolongée. Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sont devenus d’usage courant, trop souvent utilisés inutilement . La consommation d’IPP est en constante augmentation .
En France, la Commission de la transparence de la Haute autorité de santé (HAS) décrit une consommation de 19 comprimés/personne/an en 2005 qui est passée à 23 comprimés/personne/an en 2007. Il faut aussi savoir que certaines molécules sont en vente libre sans ordonnance. Le rôle d’information du médecin prend là toute sa valeur.
D’après une étude , seuls 14% des patients recevaient des IPP pour une indication validée, tandis que 66% en recevaient pour des raisons « prophylactiques » non validées. En France, 60% de la prescription totale des IPP est faite hors autorisation de mise sur le marché (AMM) selon la Commission de la transparence de la HAS en 2009 , qui précise que « trois situations ont d’ores et déjà été identifiées comme sources de mésusage :
1) Les co-prescriptions IPP/AINS dans le cadre de pathologies non chroniques chez des patients non à risque ;
2) Les symptômes ORL traités de façon empirique comme symptômes extra-œsophagiens du reflux gastro-œsophagien (RGP) ;
3) La prévention des lésions hémorragiques digestives hautes chez les patients hospitalisés en unité de soins intensifs ».
Cindy Bourne a publié en 2013 dans La Presse Médicale une revue de la littérature . A partir de 192 articles identifiés sur le sujet, elle en retient 80 pertinents, soit en anglais, soit en français. Les effets indésirables des IPP concernent les infections digestives (23%), les infections respiratoires (17%), les fractures (23%), les troubles métaboliques (hypomagnésémies, déficit en vitamine B12) (12%), les néphrites interstitielles (16%) , les cancers (12%), les infections cardiovasculaires . Depuis leur mise à disposition en libre-service, aux États-Unis (oméprazole) et plus récemment en Europe (oméprazole, pantoprazole), les inhibiteurs de la pompe à proton (IPP) se sont imposés dans le traitement des troubles peptiques gastroduodénaux, notamment du RGO , et font désormais partie des médicaments les plus prescrits au monde. Mais des réserves ont vu le jour ces dernières années sur d’éventuels effets indésirables graves associés soit à une exposition brève, soit à une exposition prolongée aux IPP.
Une étude de cohorte prospective allemande a retrouvé que, chez des patients de plus de 75 ans, le risque de démence était augmenté de 44% en cas de traitement par IPP 8. Une raison de plus pour réévaluer régulièrement leurs prescriptions.
Enfin, en cas d'arrêt de l'IPP, celui-ci doit être progressif afin d'éviter un rebond de sécrétion acide 8. Neuf boîtes d’IPP sur 10 sont prescrites par des médecins généralistes. Entre juin 2008 et mai 2009, près de 58 millions de boîtes d’IPP ont été distribuées en France par les pharmaciens d’officine .

Objectifs :
L’objectif général de cette action est de sensibiliser les médecins à la juste prescription des IPP et à la prévention des effets iatrogènes.

Objectifs spécifiques
A l’issue de ce programme les participants doivent être capables de :
1) Connaître les cinq molécules d’IPP ;
2) Définir les indications validées de prescription ;
3) Identifier les effets iatrogènes des IPP, qu’ils soient fréquents ou rares ;
4) Savoir déprescrire les IPP ;
5) Anticiper l’automédication des IPP par une éducation thérapeutique du patient.

Animateur : Dr COLOMBIER Pierre

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