Du 01 avril 2019 au 30 juin 2019 : Prises en charge d’une personne victime de violences dans son couple : quel est le rôle du médecin généraliste ? - S4

Le plus 2019 en fin de programme : cas clinique rappel des messages clés

Action ANDPC n° 10841900059 S4
Depuis plusieurs années en France, les conséquences de la violence dans un couple pour la victime et pour les enfants vivant sous le même toit sont analysées avec la recherche de mesures judiciaires et sociales pour protéger la victime et ses enfants .
Cette réalité est décrite par une enquête française sur cinq ans de 2015 à 2017 qui estime que 225 000 femmes âgées de 18 à 75 ans ont déclaré avoir été victimes de violences physiques et / ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint, les faits ayant été subis dans l’année civile précédent l’enquête, soit 1% des femmes de 18 à 75 ans vivant en France. 73% déclarent des faits répétés, 8/10 déclarent avoir été soumises à des atteintes psychologiques, et/ou des agressions verbales. Moins d’une femme sur cinq déclare avoir porté plainte. 73% ont subi des violences physiques, 13% des violences sexuelles (attouchements ou rapports sexuels imposés par violences, contraintes, menaces), 14% ont subi ces deux types de violence. 24% des victimes ont été vues par un médecin après l’agression, 21% ont parlé de leur situation aux services sociaux, 54% n’ont fait aucune démarche.
L’enquête Virage a estimé la proportion de victimes de viol ou tentatives de viol au cours de la vie dans l’espace du couple en France à 1,39 % des femmes et 0,03% des hommes, et pour toutes les violences sexuelles à 1,91% des femmes et 0,31% des hommes.
Le ministère de l’intérieur recensait, en 2016, 110 000 victimes âgées de plus de 18 ans ayant déposé plainte ou ayant fait l’objet d’une constatation par les services de police ou de gendarmerie pour violences physiques et /ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint, dont 88% de femmes. 17 660 personnes ont été condamnées pour violences envers leurs partenaires ou ex partenaire dont 96% d’hommes 3.
Ces situations de violences conjugales sous toutes leurs formes entrainent pour la victime des blessures, certaines avec des séquelles invalidantes, un risque de décès sous les coups, des conséquences psychologiques graves dont un risque de suicide, une sidération de sa capacité à agir qui s’ajoute aux divers obstacles mis par le conjoint, un syndrome post traumatique qui peut facilement se chroniciser . Les enfants sont des témoins-victimes avec des carences éducatives nombreuses et peuvent développer, en grandissant, un trouble dissociatif puis un état post traumatique complexe qui ne seront pas étudiés dans ce DPC.
La rencontre entre un médecin et la victime peut se faire après une agression pour les soins et le certificat médico-légal pour coups et blessures volontaires. Mais souvent le médecin n’a pas connaissance des violences conjugales que sa patiente endure, alors qu’elle présente des troubles anxiodépressifs, ou de nombreux symptômes fonctionnels sans diagnostic d’une pathologie précise . SI aucun signe, syndrome ou pathologie ne sont spécifiques, la période de la grossesse de la femme est à haut risque de violences. Poser la question à chaque patiente au sujet de la possibilité de violences conjugales est discuté en médecine générale mais cette façon de faire serait appréciée par les femmes victimes.
La pratique de dépistage et d’accompagnement d’une femme victime de violences conjugales est freinée par le cadre professionnel d’exercice, les opinions personnelles des médecins, la peur de l’échec, et les difficultés dans lesquelles se débat la victime . De la suspicion du problème à l’orientation des victimes vers d’autres acteurs, l’accompagnement des femmes peut être un processus long mais essentiel.
La formation portera sur l’analyse des différentes violences exercées suivant un cycle assez fixe dans ses étapes chez la plupart des agresseurs et ses répercussions sur le comportement de la victime. L’organisation des prises en charge sociales et juridiques en France en 2018 avec les partenaires sera abordée en général mais il existe des particularités d’organisation régionales ou départementales. Ce e-DPC diffusera les adresses des sites d’informations spécialisées

Objectifs :
Objectif général. A l’issue de ce programme les participants doivent être capables de :
 Repérer une femme victime de violences conjugales ;
 Lui permettre d’en parler ;
 L’informer sur ses droits et les démarches à entreprendre.

Objectifs spécifiques
A l’issue de ce programme les participants doivent être capables de :
1. Poser des questions adaptées à une femme au sujet de la possibilité de violences conjugales en lui réaffirmant la confidentialité ;
2. Connaître les effets du cycle des violences sur le psychisme de la victime ;
3. Connaitre les structures qui peuvent aider une femme victime de violences conjugales d’un point de vue social, psychologique, juridique, dans le cadre des dispositifs légaux ;
4. Aider la femme, quand elle le décidera, à construire, avec d’autres professionnels médicaux et sociaux, une prise en charge protectrice et adaptée à sa situation.

Animateur : Dr HUEZ-ROBERT Marie-Françoise

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