Du 01 mai 2019 au 31 juillet 2019 : Le trouble bipolaire : une pathologie aux lourdes conséquences - S5

Le plus 2019 en fin de programme : cas clinique rappel des messages clés

Action ANDPC n° 10841900037 S5
Les troubles bipolaires concernent environ 2% de la population mondiale plus 2% présentant des formes infracliniques de la maladie. Même traités les rechutes sont fréquentes. Dans une étude de cohorte multicentrique sur 1469 patients (STEP-BD) 58% des patients récupéraient mais 49% avaient une récurrence dans un délai de 2 ans, 2 fois plus sur le mode dépressif (humeur triste, perte d’intérêt, fatigue) que sur le mode maniaque (euphorie, grandiloquence, perte de sommeil). Après un premier épisode 90% des patients conservent des troubles dépressifs résiduels pendant au moins 1/3 de leur vie . En 2009 les coûts directs et induits étaient estimés à 151 000 milliards de dollars.
Un repérage précoce des patients atteints de trouble bipolaire est primordial pour réduire le risque de complications, de suicide, de désinsertion socioprofessionnelle et familiale, de comportements à risque et pour soulager le vécu douloureux de leur entourage.
Le diagnostic est clinique. Il n’y a aucun critère spécifique permettant de faire la distinction entre dépression unipolaire et bipolaire.
Devant tout épisode dépressif, il faut rechercher des arguments en faveur d’un trouble bipolaire. L’association d’un épisode dépressif caractérisé avec un antécédent connu d’au moins un épisode de manie ou d’hypomanie permet de poser le diagnostic de trouble bipolaire. 20 % à 50 % des patients avec un diagnostic d’épisode de dépression peuvent se révéler avoir un trouble bipolaire sur le long cours.
Il convient d'être attentif à certains changements de comportement rompant avec le fonctionnement habituel particulièrement chez l’adolescent (repli sur soi, décrochage scolaire, conduites à risques, prise de drogues...). Le recueil d’informations auprès de la famille, des personnels de santé scolaire, est essentiel pour évaluer leur retentissement.
Aucun examen complémentaire, aucun examen biologique ou d’imagerie en l’absence de point d’appel clinique n’est validé ni utile pour porter un diagnostic de trouble bipolaire.
Le délai moyen entre le début de la maladie, un diagnostic clairement posé et l’instauration d’un traitement adapté est en moyenne de 5 à 10 ans. Avant le diagnostic une large majorité des patients disent avoir consulté au moins une fois leur médecin pour des signes. Le diagnostic est souvent posé lors d'une hospitalisation .
Des études récentes ont réévalué les preuves d’efficacité, les bénéfices et risques du lithium versus placebo et sa place face aux autres traitements thymorégulateurs . Le lithium reste à ce jour clairement le traitement qui possède les meilleurs niveaux de preuves d’efficacité sur le long terme et pour la prévention des rechutes. Il reste la référence pour limiter le risque de déstabilisation de cette pathologie globale de l'humeur et donc du risque de virage maniaque ou dépressif responsable d’un nombre élevé de suicides. La surveillance et la prise en charge sont nécessaires pendant toute la vie du patient.
Si les contraintes de surveillance sous Lithium et de ses effets secondaires sont responsables d’inobservance ou d’arrêt du traitement, on peut utiliser les anticonvulsivants et surtout les antipsychotiques de deuxième génération efficaces en particulier sur la manie en phase aigüe.
Le défi pour l'avenir est de décider comment et quand le lithium peut être le mieux employé, seul ou en combinaison avec d'autres traitements en fonction de l’histoire de chaque patient et de l’expérience du prescripteur.

Objectifs :
L’objectif général de ce programme est pour les participants d’identifier chez un patient un trouble bipolaire, l’orienter à bon escient et définir conjointement avec un psychiatre (soin de deuxième recours) la prise en charge, surveiller les effets des thérapeutiques.
Objectifs spécifiques
A l’issue de ce programme les participants doivent être capables de :
1. Identifier un accès maniaque ou hypomane d’un trouble bipolaire.
2. Identifier un accès dépressif d’un trouble bipolaire.
3. Évaluer le risque suicidaire
4. Définir avec le patient les modalités de traitement et de suivi dans un processus de partage de la décision.

Animateur : Dr HUEZ-ROBERT Marie-Françoise

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