Labège (31) Le 21 février 2019 : Souffle cardiaque chez l’enfant : quand demander un avis ? - (5h) = Non présentiel 2h + soirée de 3h

Action ANDPC n° 10841900069

Les souffles cardiaques sont fréquents chez les enfants et les adolescents. Certaines estimations suggérent qu’à un moment donné un souffle est détecté chez 90% des enfants. La plupart sont innocents et 65 à 80 % des enfants en âge scolaire ont un souffle cardiaque physiologique . Mais la distinction n’est pas toujours facile en pratique quotidienne et un souffle cardiaque isolé chez un enfant asymptomatique peut être le seul fait d’une maladie cardiaque grave et le degré d'anxiété parentale invoqué par la détection d'un souffle chez leur enfant est considérable.
Le fait d’adresser un enfant chez un cardiologue pour investiguer un souffle physiologique est encore actuellement très fréquent et entraîne des coûts injustifiés. Une auscultation minutieuse, associée à une anamnèse et un examen clinique ciblé permet souvent, en particulier chez les enfants, de reconnaître un souffle fonctionnel, et donc d'éviter des examens complémentaires et des dépenses inutiles . Dans une étude prospective récente sur 184 enfants de 2 à 18 ans adressés dans deux services de cardiologie pédiatrique universitaires français , 30 (15%) avaient une anomalie échocardiographique. Parmi les 100 enfants (51%) ayant un souffle en décubitus mais ayant complètement disparu en position debout, 2 seulement avaient un souffle pathologique et un seul, avait besoin d’une évaluation approfondie. Un souffle physiologique est typiquement décrit comme systolique, de durée courte, de tonalité musicale, de faible intensité, diminuant ou disparaissant lorsque l’enfant se met debout, localisé en parasternal gauche et sans irradiation chez un enfant par ailleurs asymptomatique. Même si la sensibilité est inférieure à 60% la disparition complète du souffle au repos permet d’exclure un souffle pathologique avec une valeur prédictive positive élevée de 98% et une spécificité de 93%.
Éliminer des signes d’alarme.
Certaines caractéristiques du souffle peuvent être considérées comme des signaux d’alarme (« red flags ») incitant à considérer d’avantage le risque de maladie cardiaque structurelle : un souffle holosystolique (odds ratio [OR] de souffle pathologique = 54), un souffle d’intensité de grade 3 ou plus, un souffle d’intensité maximale à la bordure sternale supérieure gauche, un souffle diastolique ou une intensité accrue du souffle en position debout. Une diminution ou une absence de changement de l'intensité du souffle avec une élévation passive de la jambe ou lorsque l'enfant passe de la position debout à la position accroupie augmente le risque de cardiomyopathie hypertrophique , .
Rechercher des facteurs de risque et symptômes évocateurs de cardiopathie organique.
Mais avant même la distinction des caractères spécifiques des différents souffles pathologiques des éléments historiques de cardiopathies familiales, de symptômes cardiovasculaires et un examen médical bien conduit peuvent identifier les enfants présentant un risque accru de cardiopathie et nécessitant un avis spécialisé. Des éléments sont suggestifs de pathologie cardiaque 4,5 :
- Des antécédents familiaux de maladie cardiaque congénitale, de mort subite ou de cardiomyopathie hypertrophique, de mort subite du nourrisson qui aurait pu secondairement être attribuée à une anomalie cardiaque ;
- Des antécédents personnels susceptibles de coexister avec une pathologie cardiaque : anomalies chromosomiques, connectivite, troubles du métabolisme, dysmorphies, un syndrome de Kawasaki, mais aussi des infections respiratoires fréquentes, une infection streptococcique responsable d’un rhumatisme articulaire ;
- Des antécédents d’exposition in-utero ou en rapport avec l’accouchement : alcoolisation, tératogénicité, diabète, infection utérine, prématurité.
L’examen clinique recherchera des symptômes évocateurs, compte tenu de l’âge : retard de croissance ou cassure de la courbe, cyanose, dyspnée, fatigabilité anormale, mauvaise tolérance à l’effort5.

Objectifs :
L’objectif général de ce programme est donc de permettre à des médecins de soins primaires, généralistes ou pédiatres, d’identifier les caractéristiques de souffles cardiaques « innocents » et les signes d’alarme devant conduire à demander un avis spécialisé.

Objectifs spécifiques
A l’issue de ce programme les participants doivent être capables de :
1. Identifier chez un enfant les caractéristiques d’un souffle cardiaque innocent.
2. Identifier les facteurs de risque d’une pathologie cardiaque organique.
3. Définir les signes d’alarme devant conduire à demander un avis spécialisé.

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