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DPC 2017

DPC 2017

UNAFORMEC. Numéro organisme : 1084

1)Des principaux motifs de consultations en soins primaires ;

2) Des questionnements les plus fréquents des patients et des médecins ;

3) Des orientations nationales fixées par le décret du 8 décembre 2015.

A propos du DPC 2017, vous trouverez dans cette page les cinq chapitres suivants :

  1. Les séminaires de un ou deux jours;
  2. Les e-DPC qui peuvent aussi être le support de réunions présentielles;
  3. Les conditions de l’ANDPC;
  4. Les conditions de l’UNAFORMEC et de la SFDRMG.
  5. Pour toute aide : secretariat@unaformec.org et aux heures de bureau au 01 71 19 99 68

I – LES SEMINAIRES

Vous pouvez dès aujourd’hui vous inscrire pour une ou plusieurs actions auprès de notre secrétariat ou en vous inscrivant directement

UNAFORMEC : numéro organisme : 1084

II – Les e-DPC

Programmes de e-DPC en 4 étapes

–> Un premier regard sur les pratiques réelles

–> Une appropriation des données de la littératures suivie d’un test de lecture sur les points clés de ces documents.

–> Une appropriation des dernières synthèses disponibles suivie d’un nouveau test de lecture.

–> Un deuxième questionnaire pour évaluation finale de l’impact sur les pratiques.

Ces différentes étapes se déroulent toutes entièrement en ligne.

Une réunion physique des participants sur un même thème, quand elle est possible, est fortement recommandée pour analyse partagée et échanges de pratiques.

–> La liste des e-DPC proposés (au 8 décembre 2016).

Pour toute pré inscription, les coordonnées sont notées sur le document.


Obésité de l’enfant : mieux vaut prévenir que guérir - S6

Le surpoids et l'obésité constituent un problème majeur de santé. À l’échelle mondiale le nombre des enfants et des adolescents (âgés de 5 à 19 ans) obèses a été multiplié par 10 au cours des 4 dernières décennies. En 2016, 41 millions d’enfants de moins de 5 ans et plus de 340 millions d’enfants et d’adolescents âgés de 5 à 19 ans étaient en surpoids ou obèses. Si la tendance actuelle se poursuit, d’ici 2022 le nombre des enfants et des adolescents obèses sera supérieur à celui des enfants souffrant d’une insuffisance pondérale modérée ou grave . En France, en 2013, en grande section de maternelle (enfants âgés de 5 à 6 ans), 9,7 % des filles et 7,3 % des garçons étaient en surpoids, mais n'étaient pas obèses ; 3,8 % des filles et 3,1 % des garçons étaient atteints d'obésité . Cette augmentation de la prévalence chez les enfants et adolescents est accompagnée d’un nombre croissant de comorbidités inhabituelles à cet âge, entre autres : diabète de type 2, HTA, dyslipidémie. Plus de la moitié des enfants obèses à l’âge de 6 ans et 70 à 80 % de ceux de plus de 10 ans resteront obèses à l’âge adulte . Il en résulte une surmortalité de 50 à 80 % à l’âge adulte, surtout de nature cardiovasculaire. Par ailleurs l’obésité influence négativement l’estime de soi, l’intégration puis l’évolution sociale .

Une prédisposition familiale peut favoriser le développement de l'obésité : le surpoids et l'obésité, chez un des parents ou chez les deux, sont des facteurs de risque importants d'un surpoids ou d’une obésité future chez l'enfant. Plus rarement, l'obésité est liée à une maladie génétique ou endocrinienne ; elle est alors associée à d'autres signes qui permettent au médecin d'évoquer le diagnostic 1. Mais le surpoids et l'obésité de l'enfant sont principalement expliqués par un excès des apports alimentaires et une insuffisance des dépenses d'énergie. L’apport calorique par l'alimentation étant supérieur aux dépenses caloriques du corps, le bilan énergétique est positif et entraîne une augmentation du poids. L'activité physique est la principale dépense d'énergie et c’est la seule sur laquelle il est possible d'agir.

Il est très difficile de modifier des comportements très liés au mode de vie. Nos conseils dans ce domaine ne peuvent être efficaces que dans le cadre d'une démarche globale impliquant l'ensemble de la société 3 : école, famille, mais aussi toute la société, à travers la publicité, les propositions de l'industrie agro-alimentaire, les distributeurs de boissons et d'aliments et bien sûr la promotion des activités de loisirs, les clubs sportifs... Le médecin doit prendre en compte toutes ces données et jouer son rôle d'acteur d'éducation à la santé. La fréquence des contacts et la confiance des jeunes patients et de leurs parents en leur médecin de famille lui confèrent un rôle majeur dans la prévention et le repérage précoce d’anomalie du développement en fonction de l’âge, afin de mettre en place, en lien avec les parents et l’entourage familial et social de l’enfant, une prise en charge optimale pour limiter les répercussions à l’âge adulte.

Il est recommandé de surveiller au minimum 2 ou 3 fois par an l’indice de masse corporelle (IMC) systématiquement chez tous les enfants et adolescents quel que soit leur âge, leur corpulence apparente, et le motif de la consultation et d’être particulièrement attentif aux enfants présentant des facteurs de risque précoces de surpoids et d’obésité. Ces éléments doivent figurer dans le carnet de santé 2. Cependant, de récentes études montrent que ce n’est pas toujours le cas : le diagnostic n’est posé qu’une fois sur 2 et seulement un patient sur 3 reçoit l’aide nécessaire .

Objectifs :
L’objectif général de ce programme est de repréciser les rôles du médecin généraliste dans la prévention, le dépistage, et les soins face au surpoids et à l’obésité d’un enfant ou d’un adolescent.

Mots clés : surpoids et obésité – repérage – plan d’action

Objectifs spécifiques
A l’issue de ce programme les participants doivent être capables de :
1. Repérer un surpoids et une obésité débutante chez un enfant ou un adolescent.
2. Analyser les causes favorisantes dans le mode de vie de l’enfant ou de l’adolescent.
3. Définir avec l’enfant ou l’adolescent une stratégie de changements dans son mode de vie.



Cancer du sein : Quel dépistage ? La controverse - S7

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. On estime à 58 459 le nombre de nouveaux cas chez la femme en France en 2018 . Avec 12 146 décès estimés en 2018, le cancer du sein est au 1er rang des décès par cancer chez la femme. Le taux de mortalité standardisé (TSM) est de 14,0 pour 100 000. Les âges médians au diagnostic et au décès en 2018 sont respectivement de 63 et 74 ans. La courbe transversale du taux d’incidence selon l’âge en 2018 montre une progression marquée à partir de l’âge de 30 ans pour atteindre une valeur maximale de 420,9 pour 100 000 chez les femmes entre 70 et 74 ans1.
L’incidence du cancer invasif a augmenté lentement de 1990 à 1996 puis plus rapidement à partir de 1996 pour ralentir à partir de 2004. Le taux de mortalité par cancer du sein a baissé depuis les années quatre-vingt passant de 20,2 /100 000 à 15,7/100 000 en 2012 . Parmi les facteurs ayant pu influencer l’évolution de l’incidence depuis 1990 les effets du dépistage, des traitements hormonaux de la ménopause et des traitements des cancers du sein sont débattus.
Depuis plus de 15 ans une campagne de dépistage est organisée au niveau national par les autorités de santé. Elle touche environ 50% des femmes de 50 ans à 74 ans2. Une controverse scientifique est née du fait de doutes sur la réalité et l’ampleur de la baisse du risque de décès par cancer du sein liée au dépistage.
La décision relative au dépistage organisé ou individuel est fondée sur la confrontation d’avantages et d’inconvénients de la stratégie de dépistage. La controverse porte sur trois points essentiels :
- l’appréciation de l’efficacité du dépistage pour réduire la mortalité par cancer du sein ;
- la sécurité du dépistage : risques de surdiagnostic et de surtraitement ;
- les modalités et le contenu de l’information des femmes concernées par le dépistage .
Face à ses obligations déontologiques le médecin doit être objectif à chaque fois qu’il parle avec ses patientes du dépistage organisé du cancer du sein qui est un acte de diagnostic précoce et non de prévention. Il ne s’agit pas de « peser » sur le choix mais de l’éclairer par une information claire et précise sur les avantages et les risques du processus pour permettre de partager la décision avec la patiente .

Objectifs :
L’objectif général de cette action est d’aider les participants à informer les patientes sur les modalités et le rapport bénéfices / risques du dépistage du cancer du sein dans un processus de décision éclairée.

MOTS CLES : tumeur du sein ; dépistage ; prise de décision.
Objectifs spécifiques
A l’issue de cette action les participants doivent être capables de :
1. Repérer une patiente à risque moyen ou élevé de cancer du sein et l’informer sur les modalités de suivi possibles, leurs avantages et leurs effets secondaires.
2. Connaitre pour une patiente entre 50 et 74 ans sans risque moyen ou élevé de cancer du sein le rapport bénéfice / risque du dépistage mammographique systématique.
3. Donner une information claire et individualisée à chaque femme de 25 à 79 ans sur le type de dépistage qui lui est recommandé et, après dialogue, respecter sa décision.



Épuisement professionnel ou burnout des professionnels de santé : Soigner sans périr - S8

De nombreuses définitions du syndrome d’épuisement professionnel, équivalent en français du terme anglais burnout (BO) existent aujourd’hui, tant centrées sur la relation employeur-employé́ que sur la perception de soi. Dans les classifications des troubles psychiatriques, aucune définition sur le BO n’est spécifiée. Ce dernier est considéré́ comme faisant partie des troubles de l’adaptation. On s’accorde à décrire le BO comme un syndrome tridimensionnel englobant l’épuisement professionnel, la dépersonnalisation et la perte du sentiment d’accomplissement personnel . Selon l’Agence européenne pour la sécurité́ et la santé au travail (EU-OSHA), 28% des travailleurs européens seraient « exposés à au moins un facteur susceptible d’affecter de manière défavorable leur bien-être mental », dont 23 % des hommes et 20 % des femmes, notamment entre 40 et 54 ans . Il affecte plus particulièrement les professions d’aide, de soins, de formation (médecins, infirmières, travailleurs sociaux, enseignants...) . Les professionnels de santé représentent une population particulièrement exposée du fait d’un certain nombre de facteurs de risque : exigence de performance, image d’infaillibilité, confrontation avec la souffrance et la mort 4.
Le BO n’est pas une maladie caractérisée. C’est un ensemble syndromique se traduisant par un « épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel » définition donnée par l’Anact, l’INRS et La DGT.
L’épuisement professionnel est classé parmi les risques psychosociaux, concept établi à partir de la reconnaissance de facteurs de risques centrés sur les conditions de travail de plusieurs syndromes comme le stress au travail, la souffrance au travail, certains troubles musculosquelettiques.
Ce syndrome peut se traduire par des manifestations plus ou moins importantes, d’installation progressive et souvent insidieuse, en rupture avec l’état antérieur, notamment émotionnelles, cognitives, comportementales ou interpersonnelles, motivationnelles ou physiques non spécifiques .
La démarche diagnostique vise à caractériser la sévérité́ du trouble. Elle doit permettre de repérer d’éventuelles pathologies sous-jacentes telles que, notamment, un trouble de l’adaptation, un trouble anxieux, un trouble dépressif ou un état de stress post-traumatique. Le risque suicidaire doit être particulièrement évalué́.

Évaluer le contexte professionnel. La démarche implique une recherche des facteurs de risque 4. Au-delà des causes intrinsèques liées à l’individu lui-même et des causes extrinsèques liées à la fonction il est essentiel de rechercher les causes du BO dans l’organisation du travail et son management . Le modèle de Karasek repose sur l’hypothèse qu’une situation de travail se caractérisant par une association d’une demande psychologique élevée et d’une autonomie décisionnelle faible peut accroître le risque de développer un problème de santé somatique ou mentale.

Il n’existe pas de recommandation pratique de prise en charge globale de l’épuisement professionnel en milieu de travail .
La prise en charge vise à traiter le trouble identifié ainsi qu’à agir sur le contexte socioprofessionnel à l’origine du trouble 4.
Le test d’inventaire du BO de Maslach permet d’explorer les trois dimensions du BO : l’épuisement émotionnel, (comment la personne perçoit son travail), la déshumanisation (sa capacité à gérer la relation aux autres), son degré d’accomplissement personnel au travail. Il peut éventuellement être utilisé comme outil pour guider un entretien avec le patient.
L’épuisement professionnel est un risque professionnel pour un médecin : Des faits sociaux indiquent que de nombreux professionnels médicaux qu’ils soient salariés, libéraux ou en formation présentent un risque d’épuisement professionnel à savoir le taux d’absentéisme à l’hôpital entre 10 à 14% sur toutes les catégories de personnel, la désaffection de la filière de médecine générale, l’incidence élevée du suicide dans la population médicale et un taux d’épuisement professionnel de 40 à 54% suivant les enquêtes.
Le médecin traitant est clairement en première ligne pour détecter les premiers signes de BO , et a un rôle pivot de coordonnateur de la prise en charge 4 :
- Arrêt de travail de durée adaptée à l’évolution ;
- Traitements éventuels spécifiques des symptomatologies présentées par le patient ;
- Orientation éventuelle vers un psychiatre ;
- Prise de contact avec l’accord du patient et par son intermédiaire avec le médecin du travail ;
- Orientation et aide pour les démarches socio-professionnelles et médico-administratives ;
- Préconisation de mesures de prévention.

Objectifs :
L’objectif général de cette formation est double :
A- Permettre aux participants de s’approprier le concept de l’épuisement professionnel et ses différentes dimensions pour améliorer la prise en charge de leurs patients dont peut être un confrère ou un autre professionnel de santé.
B- Permettre à chaque médecin participant d’étudier les facteurs de risques de sa profession médicale et de rechercher des moyens pour se protéger d’un épuisement professionnel
Objectifs
À l’issue de cette formation les participants doivent être capables de :
1. Identifier les trois dimensions caractéristiques d’un syndrome d’épuisement professionnel.
2. Identifier les principaux facteurs de risque d’épuisement professionnel.
3. Définir avec le patient les grandes lignes de la prise en charge et les différents intervenants.
4. Connaitre les spécificités des facteurs de risques et des symptômes d’un épuisement professionnel chez un professionnel de santé.



Douleur abdominales aiguës : Imageries, faire les bons choix - S8

Les douleurs abdominales aigues représentent environ 1 à 2% des motifs de consultation en médecine de premier recours dont à peine 10% sont des urgences vitales. Comme dans toute démarche diagnostique, la tâche du médecin de premier recours est d’exclure les situations cliniques relevant de l’urgence vitale dont les principaux signes d’alerte associés à l’intensité de la douleur peuvent être soit un état de choc, soit une hypotension orthostatique, soit un signe de péritonite, soit des facteurs de risque cardiovasculaire .
L’examen clinique, facilité par un bon positionnement du patient, comporte l’inspection de l’abdomen, l’auscultation des bruits abdominaux et souffles vasculaires et la palpation abdominale de chaque cadran1. Les signes cliniques observés sont peu discriminants avec une faible valeur prédictive, ne permettant pas d’exclure la majorité des pathologies abdominales aigues, ce qui nécessite des examens complémentaires dont des examens d’imagerie médicale. Ces examens doivent être prescrits avec la connaissance des indications des examens d’imagerie et la sensibilisation aux effets délétères d’examens inappropriés ou injustifiés (irradiation, coût, errance diagnostique) est importante .
Cette action de DPC passe en revue les examens d’imagerie à effectuer en première intention chez les patients présentant une douleur abdominale aigue. L’abdomen sans préparation (ASP), la tomodensitométrie abdominale (TDM), l’IRM abdominale, l’échographie abdominale sont les principaux examens étudiés avec mention de leurs performances pour chaque organe et pathologie .

Objectifs :
L’objectif général de cette action est d’améliorer en soins primaires la pertinence de la demande d’examens d’imagerie médicale, c’est à dire de diminuer la prescription d’imageries inutiles et de pouvoir réaliser les imageries nécessaires en cas de douleur abdominale aigue..

MOTS CLÉS : douleur abdominale ; pertinence ; radioprotection ; imagerie médicale.

Objectifs spécifiques
A l’issue de cette action les participants doivent être capables de :
1. Améliorer et formaliser le raisonnement clinique à propos d’un patient présentant une douleur abdominale aigue pour faciliter l’identification du tableau clinique.
2. Identifier les situations d’urgence vitale nécessitant une prise en charge en urgence
3. Connaitre les informations apportées par chaque type d’imagerie explorant les organes abdominaux
4. Communiquer les informations cliniques nécessaires au radiologue, pour que celui-ci puisse le cas échéant proposer une autre méthode d’imagerie plus pertinente que celle envisagée.
5. Connaître quelques données élémentaires sur l’irradiation délivrée par ces examens d’imagerie.
6. Justifier de façon argumentée les décisions prises auprès du patient



Juste prescription des antibiotiques en médecine générale - S5 (7h)

Les consommations humaines en antibiotiques ainsi que les consommations animales induisent une pression de sélection sur les bactéries et concourent à l’émergence de bactéries résistantes . L’étude Burden-BMR a recensé en France, en 2012, 158 000 personnes ayant contracté une infection à bactérie multirésistante et 12 500 qui en sont décédées.
Les Bactéries Multi Résistantes (BMR) aux antibiotiques sont des bactéries qui ne sont plus sensibles qu’à un petit nombre d’antibiotiques habituellement actifs en thérapeutique : Il y a donc dans ce cas réduction de l’arsenal thérapeutique. Dans ce groupe se trouve le staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) surtout aux USA et à l’hôpital en France. Les Bactéries Hautement Résistantes aux antibiotiques (BHR) sont seulement sensibles à une ou deux classes d’antibiotiques : il y a donc impasse thérapeutique. Parmi elles, on retrouve en ce moment en France les Entérobactéries Productrices de Carbapémases (EPC) et les Entérocoques Résistants à la Vancomycine (ERV) .
La prescription antibiotique a régulièrement augmenté en France de 1980 à 2000, commençant à ralentir vers 1992. Un mouvement de baisse plus net de 12,5% a débuté avec le premier « plan antibiotiques » (2001-2005) et la première campagne nationale de l’Assurance Maladie à destination du grand public 1. Ces actions ont sensibilisé les patients et les professions de santé. Les autorités scientifiques (Haut Comité de la santé publique [HCSP], Société de Pathologie Infectieuse en Langue Française [SPILF], HAS, ANSM, et ANSES) ont fourni à la communauté médicale française des analyses sur les phénomènes de résistance bactérienne et des recommandations argumentées sur des preuves au sujet des molécules à utiliser en fonction de la pathologie, de l’âge du patient et des pathologies associées à une optimisation des doses et des durées de prescription.
Sachant que les prescriptions d’antibiotiques sont à 90% faites en médecine de ville et à 70% par des médecins généralistes on constate qu’au cours des dix dernières années la consommation globale d’antibiotiques en ville, calculée à partir des déclarations de vente de laboratoires pharmaceutiques, s’est stabilisée passant de 2009 à 2O19 de 25,2 doses /1000habitants et par jour à 23,9 doses. L’assurance maladie qui comptabilise le nombre de prescriptions d’antibiotiques chez les patients adultes âgés de 16 à 65 ans sans ALD a déclaré une diminution de 2,9/100 patients des prescriptions entre 2018 et 2019 . Le nombre de prescriptions pour 1000 habitants et par jour est plutôt stable à 22,2 en 2019. Le nombre de prescriptions d’antibiotiques particulièrement générateurs d’antibiorésistance (céphalosporines de 3e et 4e génération : C3G, amoxicilline-acide clavulanique et fluoroquinolones) a diminué chez les adultes et chez les enfants, associée à une augmentation de la consommation de pénicilline qui représente 57% de la consommation d’antibiotiques en 2019 en France.
Malgré une baisse en France de la consommation des antibiotiques chez l’homme associée à la baisse de la consommation dans les élevages d’animaux, la lutte contre la résistance aux antibiotiques n’est pas gagnée. En conséquence les professionnels de santé de premier recours doivent avoir des arguments cliniques pour justifier leurs prescriptions. La non-prescription pourrait être la règle par défaut pour les pathologies virales non sévères. La connaissance de l’histoire naturelle d’infections non sévères aide à sursoir à la prescription. Plusieurs enquêtes dont des travaux de thèses en médecine générale , ont exploré les déterminants de la prescription des antibiotiques : certains proviennent des patients et de leur environnement social, les praticiens ressentent une pression des patients ou de leur famille. D’autres déterminants sont fournis par des présupposés de la part du médecin qui vont guider sa façon de conduire la consultation et de s’entretenir avec le patient ou sa famille s’il est mineur.
Les infections des voies aériennes supérieures seront un terrain d’application pour un usage justifié des antibiotiques avec des outils d’aide à la décision : TDR streptotest, information et entretien avec le patient pour une décision partagée, site Antibioclic, site Antibio’Malin.

Objectifs :
L’objectif général de cette action est de justifier en médecine de premier recours toute prescription d’un traitement antibiotique.
Objectifs spécifiques
A l’issue de ce programme les participants doivent être capables de :
1. Décrire l’importance de l’antibiorésistance en France, en Europe et dans le monde ;
2. Lister et décrire les déterminants de la prescription d’antibiotiques en soins de premier recours ;
3. Décrire les signes cliniques et l’histoire naturelle de différentes infections des voies aériennes supérieures pour décider de prescrire ou pas un traitement antibiotique adapté ;
4. Utiliser les outils d’aide à la prescription d’antibiotiques ;



Goutte et risque cardio vasculaire ? Du bon usage des examens biologiques des médicaments et conseils diététiques - S9

La goutte affecte 1 à 2 % des adultes dans les pays développés. C’est le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chez l’adulte. Sa prévalence augmente avec l’âge pour atteindre près de 7 % des hommes après 65 ans et 3 % des femmes après 85 ans .
L’hyperuricémie est le principal facteur de risque de la maladie . De nombreuses études ont suggéré que l’hyperuricémie, précurseur de la goutte, mais aussi d’autres arthrites inflammatoires, était associée à une surmortalité toutes causes confondues et susceptible en soi d’aggraver le risque cardio-vasculaire . L’augmentation de sa prévalence pourrait être expliquée par l’augmentation de l’espérance de vie mais aussi par la plus grande utilisation des diurétiques, la modification des habitudes alimentaires et la prévalence des comorbidités comme le syndrome métabolique ou l’insuffisance rénale chronique.
L’acide urique est l’un des déchets que le métabolisme du corps produit normalement. Lorsqu’il y a un excédent, l’acide urique se dépose graduellement dans l’organisme sous forme de cristaux, entre autres dans les articulations. Ces dépôts déclenchent des réactions inflammatoires. L'acide urique est le produit final de la dégradation des purines. Si 60% des purines proviennent de cellules mortes, 35% proviennent de l'alimentation. Il y a un lien étroit entre résistance à l'insuline, aliments riches en purines, hyperuricémie et crise de goutte. Cette hyperuricémie peut être la conséquence d’une production excessive d’acide urique, d’un défaut d’élimination ou même d’une combinaison de ces deux mécanismes. Le régime spécial goutte n'est pas une solution miracle et ne dispense pas de traitement, mais il peut améliorer le quotidien en contrôlant les crises de goutte.
L’histoire naturelle de la maladie suit une évolution en trois étapes. Initialement l’hyperuricémie est asymptomatique. Ensuite les patients vont présenter des épisodes d’arthrite aigue entrecoupées de périodes asymptomatiques de plus en plus courtes. Pour enfin arriver à une arthrite chronique destructive. Cette dernière forme d’arthrite chronique survient en général entre 8 à 10 ans après le premier accès de goutte.
A chacun de ces trois stades les examens biologiques (diagnostic et suivi), les traitements médicamenteux et les conseils diététiques ont tous leur importance sans oublier la bonne adhésion du patient .
Au cours de cette action seront abordés
• les différents examens paracliniques avec la recherche des comorbidités ;
• le traitement de la crise et le traitement de fond hypo-uricémiant ;
• les points clés de la diététique ;
les outils favorisant l’adhésion du patient

Objectifs :
L’objectif général de cette action est de permettre aux participants de s’approprier les données concernant le diagnostic, les traitements de la crise de goutte et les conseils diététiques avant, pendant et après la crise de goutte. En particulier le soulagement de l'accès goutteux (traitement symptomatique), la correction de l'hyperuricémie (traitement hypo-uricémiant) afin d'éviter les récidives et l'arthropathie goutteuse et la prise en charge globale des comorbidités : hyperlipidémie, hypertension, diabète, obésité, intoxications tabagique et alcoolique.

Mots clés : acide urique, douleur, diététique, colchicine

Objectifs spécifiques
A l’issue de cette action les participants doivent être en mesure de :
1. Reconnaître une crise de goutte
2. Rechercher les comorbidités
3. Prescrire à bon escient les différents examens biologiques
4. Lister les traitements de la crise qu’ils soient médicamenteux ou pas
5. Énumérez les traitements de fond hypo-uricémiant et le rapport bénéfices/risques
6. Mettre en place un dialogue d’information avec le patient.



Cannabis, expérimentation, recréation, addiction : Identifier les comportements à risque chez les jeunes - S10

L'usage du cannabis, produit classé stupéfiant, reste interdit en France par la loi du 31 décembre 1970. En acheter, en consommer, en détenir, en donner, en revendre, en cultiver, en transporter ou conduire après en avoir consommé sont passibles des tribunaux. L’étude des usages des substances psychoactives de 15 à 25ans est essentielle car après des situations d’initiation et d’expérimentation s’installent parfois des conduites addictives .
En France une enquête de 2018 nous informe que les usages de tabac, d’alcool et de cannabis parmi les adolescents âgés de 11, 13 et 15 ans sont importants mais depuis 10 ans orientés à la baisse . Pour le cannabis 16,5% des jeunes de 15ans déclaraient en avoir consommé au cours de leur vie dont 18,5% des garçons et 14,3% des filles. Ils étaient 8,5% à déclarer en avoir pris au cours du mois précédent l’enquête. Le cannabis est un produit plus consommé par les garçons. Les niveaux d’expérimentation et d’usage chez les adolescents de 15ans étaient en baisse en 2018 après avoir été stables de 2005 à 2014. Le niveau d’expérimentation a chuté de 12 points et celui d’usage au cours du mois de 6 points par rapport à 2014, ceci chez les garçons comme les filles. Pour cette consommation de cannabis les jeunes français de 15 ans se positionnaient au 5e rang par rapport aux 44 pays européens de cette enquête internationale 2. En 2017 25% des 18-20 ans déclaraient un usage au cours de l’année. 39 % des jeunes âgés de 17 ans en 2017 affirmaient avoir fumé au moins une fois du cannabis. 25% des consommateurs de cannabis âgés de 17ans présentaient un risque d’usage problématique ou de dépendance .
Il est opportun de distinguer les circonstances dans lesquelles les consommations se déroulent. D’un côté celles qui sont occasionnelles et à caractère récréatif et de l’autre celles qui révèlent des situations plus critiques qu’il s’agit de repérer. Des enquêtes et des observations cliniques ont permis de déterminer des facteurs de risques et des facteurs de vulnérabilité qui peuvent conduire un jeune à une addiction au cannabis mais aussi des facteurs de protections2.
A côté des effets immédiats du cannabis euphorisants, désinhibants et relaxants sa consommation peut provoquer rapidement une baisse de la vigilance avec un risque d’accident multiplié par 2 et par 11 à 14 si association avec l’alcool, ainsi que des troubles psychiatriques à type de troubles anxieux, de troubles dépressifs et de troubles psychotiques. La connaissance des répercussions à long terme de l’usage régulier du cannabis sur le corps d’un jeune de 15 à 25ans se précise. Le cerveau de l’adolescent est particulièrement vulnérable au cannabis. Des recherches ont montré que les troubles cognitifs liés à l’usage du cannabis sont corrélés à la dose, la fréquence, la durée de l’exposition et à l’âge de la première consommation. Ces troubles peuvent persister à long terme même après sevrage notamment si la consommation a débuté avant 15ans .
Qui sont exactement ces jeunes consommateurs ? Comment communiquer avec chaque jeune ? Quel est leur type d'usage ? Des outils tel que le repérage précoce, avec ou sans questionnaire, d’un usage problématique du cannabis, l’intervention brève et l’entretien motivationnel permettent d’améliorer le diagnostic et proposer au jeune patient un cheminement thérapeutique.
La prise en charge peut être conjointe avec les professionnels des consultations spécifiques appelées consultations jeunes consommateurs (CJM) dans les centres de soins et d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA).

Objectifs :
L’objectif général de ce programme est de repérer, informer et accompagner, dans une relation bienveillante, un jeune patient présentant un risque ou un usage problématique du cannabis.


Mots Clés : adolescent, cannabis, vulnérabilité, repérage précoce

Objectifs spécifiques
A l’issue de ce programme les participants doivent être capables de :
1. Connaitre les facteurs de risques et de vulnérabilité exposant un jeune à une addiction au cannabis ;
2. Connaitre les conséquences sur la santé d’un adolescent des usages du cannabis
3. Repérer un usage problématique du cannabis chez un adolescent ;
4. Définir les modalités de prise en charge d’un jeune patient présentant un usage problématique, un risque ou une addiction au cannabis.



Endométriose : dépistage et traitement précoces. Pourquoi ? - S8

Les douleurs pelviennes chroniques sont un motif fréquent de consultations médicales et gynécologiques. Parmi les causes l’endométriose occupe une place importante. Elle doit être systématiquement recherchée du fait de sa prévalence estimée à 33%. Elle concernerait en France 1,5 à 2,5 millions de femmes en âge de procréer . Les conséquences les plus marquantes de l’endométriose sont les douleurs et l’infertilité qui peuvent impacter gravement la qualité de vie des femmes concernées , , .
Actuellement, on estime qu’il faut entre sept et neuf ans à une femme souffrant d’endométriose pour obtenir un diagnostic en sachant qu’une femme sur dix en est atteinte 3. À l’avenir, les signes de la maladie devront être recherchés de façon systématique chez les jeunes filles lors des nouvelles consultations médicales désormais obligatoires pour les 11-13 ans et les 15-16 ans. C’est en effet à l’adolescence, au moment des premières règles, que l’endométriose se déclenche , .
Tous les cas d’endométriose ne se traduisent pas forcément par des douleurs, mais s’il y a bien un symptôme qui doit faire suspecter systématiquement la maladie, ce sont des règles anormalement douloureuses. Or, les règles étant douloureuses par nature et que par ailleurs tout le monde n’a pas les mêmes seuils de tolérance à la douleur, ce symptôme n’est pas toujours correctement pris en compte.
À cela s’ajoute un éventail de symptômes extrêmement variés qui n’évoquent pas d’emblée une endométriose : douleurs digestives, douleurs musculosquelettiques, troubles urinaires, fatigue douleurs lors des rapports sexuels…)1. Les résultats de l’étude Suisse ont montré que 50,7% des femmes atteintes d'endométriose souffraient par ailleurs de fatigue récurrente, en comparaison avec seulement 22,4% des femmes qui n'étaient pas atteintes par cette maladie.
De plus, la fatigue liée à l'endométriose était aussi associée à sept fois plus d'insomnies, quatre fois plus de dépressions, deux fois plus de douleurs et près d'une fois et demi de plus de stress au travail en comparaison avec les femmes en bonne santé.
La ministre de la Santé a donc annoncé le 8 mars 2019 qu’un effort particulier allait être fait pour mieux informer le grand public, mais aussi pour renforcer la formation des professionnels de santé sur les signes d’alerte et l’examen clinique et les stratégies thérapeutiques .
Pour le suisse Jean-Marie Wenger 1, il existe quatre signaux d’alerte clairs : des douleurs sévères et répétées lors des règles ; des douleurs répétées lors des rapports sexuels ; des douleurs répétées lors de la défécation pendant les règles ; mais aussi des douleurs pelviennes chroniques pas forcément en rapport avec les règles.
Il n’existe aucun consensus permettant de retenir un questionnaire plutôt qu’un autre pour l’étude de l’endométriose. Le choix du questionnaire est propre à chaque auteur et dépend de la question posée susceptible d’induire une errance des patientes, un retard au diagnostic et des prises en charge pas toujours adaptées y compris chirurgicales.

Objectifs :
L’objectif général de cette action est de permettre aux participants de s’approprier les données concernant le dépistage précoce de l’endométriose, les étapes du diagnostic et la prise en charge.

Mots clés : Douleurs – Infertilité - Fatigue

Objectifs spécifiques
A l’issue de cette action les participants doivent être en mesure de :
1. Hiérarchiser les examens de 1ère, 2ème et 3ème intention pour établir le diagnostic d’endométriose.
2. Prescrire les traitements médicaux avant ou après chirurgie.
3. Décrire les éléments susceptibles de bénéficier d’une intervention chirurgicale.
4. Lister les différentes complications et comment les identifier
5. Mettre en place un dialogue d'information avec la jeune fille ou la femme.



Violences au sein du couple : quel rôle du médecin généraliste ? - S8

Depuis plusieurs années en France, les conséquences de la violence dans un couple pour la victime et pour les enfants vivant sous le même toit sont analysées avec la recherche de mesures judiciaires et sociales pour protéger la victime et ses enfants .
Un phénomène sous-estimé et souvent caché
Cette réalité décrite dans une enquête française de 2017 estime que 219 000 femmes âgées de 18 à 75 ans ont déclaré avoir été victimes de violences physiques et / ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint ; les 3/4 déclarent des faits répétés, 5/10 déclarent avoir été soumises à des atteintes psychologiques, et/ou des agressions verbales. Moins d’une femme sur cinq déclare avoir porté plainte. En 2017, 112 000 victimes âgées de plus de 18 ans ont déposé une plainte ou une main courante auprès des services de police et de gendarmerie pour violences physiques et /ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint. Parmi les 109 femmes tuées en 2017 par leur ex-partenaire officiel, 54 avaient été victimes de violences antérieurement, pour les 16 hommes tués par leur ex- partenaire officiel,11 étaient auteurs de violences.
Le recours à un professionnel de santé est le premier recours des femmes victimes de violences au sein du couple : 30% ont consulté un psychiatre ou un psychologue, 27% un médecin, 21% ont parlé de leur situation aux services sociaux, une sur dix a contacté le N° vert, une sur dix une association d’aide aux victimes et 44% n’ont fait aucune démarche.
Un risque de séquelles invalidantes et psychologiques graves
Une situation de violence conjugale sous toutes ses formes peut être la cause pour la victime de blessures, certaines avec des séquelles invalidantes ou un risque de décès sous les coups. Ceci a des conséquences psychologiques graves dont un risque de suicide, une sidération de sa capacité à agir qui s’ajoute aux divers obstacles mis par le conjoint, un état post traumatique qui peut facilement se chroniciser . Les enfants sont des témoins-victimes avec des carences éducatives nombreuses et peuvent développer, en grandissant, un trouble dissociatif puis un syndrome post traumatique complexe qui ne seront pas étudiés dans ce DPC.
Savoir rechercher pour accompagner et orienter les victimes
La rencontre entre un médecin et la victime peut se faire après une agression pour les soins et le certificat médico-légal pour coups et blessures volontaires. Mais souvent le médecin n’a pas connaissance des violences conjugales que sa patiente endure, alors qu’elle peut présenter des troubles anxiodépressifs, des alcoolisations, un syndrome post traumatique, de nombreux symptômes fonctionnels sans diagnostic d’une pathologie précise sachant qu’aucun signe, syndrome ou pathologie ne sont spécifiques .
La période de la grossesse de la femme est à haut risque de violences. Poser la question à chaque patiente au sujet de la possibilité de violences conjugales est discuté en médecine générale mais cette façon de faire serait appréciée par les femmes victimes.
La pratique de dépistage et d’accompagnement d’une femme victime de violences conjugales est freinée par le cadre professionnel d’exercice, les opinions personnelles des médecins, la peur de l’échec, et les difficultés dans lesquelles se débat la victime . De la suspicion du problème à l’orientation des victimes vers d’autres acteurs, l’accompagnement d’une femme victime de violences conjugales peut être un processus long et compliqué mais essentiel.
La formation portera sur la description des différentes violences exercées suivant un cycle assez fixe dans ses étapes chez la plupart des agresseurs et leurs répercussions sur l’état de santé de la victime. Repérer les signes cliniques en rapport avec un vécu de violences répétées de la personne est l’objectif principal du praticien. L’organisation des prises en charge sociales et juridiques en France en 2018 avec les partenaires sera abordée en général mais il existe des particularités d’organisation régionales ou départementales. Ce e-DPC diffusera les adresses des sites d’informations spécialisées.

Objectifs :
Objectifs généraux : A l’issue de ce programme les participants doivent être capables de :
A-Repérer une femme victime de maltraitance ou de violences ;
B-Analyser la situation ;
C-L ’informer sur ses droits et les démarches à entreprendre.
Objectifs spécifiques
A l’issue de ce programme les participants doivent être capables de :
1. Identifier les symptômes physiques et psychologiques évocateurs de maltraitance.
2. Permettre à la victime de s’exprimer sur les possibles violences au sein de son couple en lui réaffirmant la confidentialité.
3. Connaître les effets du cycle des violences sur le psychisme de la victime ;
4. Identifier les structures d’aide d’un point de vue social, psychologique, juridique, dans le cadre des dispositifs légaux ;
5. Aider la victime, quand elle le décidera, à construire avec d’autres professionnels médicaux et sociaux la prise en charge protectrice et adaptée à sa situation.



Épisode dépressif caractérisé de l’adulte : repérer et accompagner - S5

Un problème majeur de santé publique
Du fait de sa fréquence, de ses conséquences médicales, sociales et économiques la maladie dépressive de l’adulte constitue un problème majeur de santé publique. Cependant un faible pourcentage des dépressions seraient reconnues et traitées en fonction des recommandations de bonne pratique.
En 2017 près d’une personne sur dix, entre 18 et 75 ans, avait vécu un épisode dépressif caractérisé (EDC) au cours des 12 derniers mois. Les femmes, notamment celles âgées de 35 à 44 ans, les personnes de moins de 45 ans, les chômeurs et autres inactifs, les personnes veuves ou divorcées et les personnes déclarant de faibles revenus présentaient les niveaux de prévalence les plus élevés .
Le diagnostic d’un EDC est clinique associant :
- Au moins deux symptômes principaux (humeur dépressive ; perte d’intérêt, abattement ; perte d’énergie, augmentation de la fatigabilité) ;
- À au moins deux des autres symptômes suivants (concentration et attention réduite ; diminution de l’estime de soi et de la confiance en soi ; sentiment de culpabilité et d’inutilité ; perspectives négatives et pessimistes pour le futur ; idées et comportement suicidaires ; troubles du sommeil ; perte d’appétit).
Ces symptômes doivent être présents durant une période minimum de 2 semaines, et chacun d’entre eux à un degré de sévérité certain presque tous les jours, avoir représenté un changement par rapport au fonctionnement antérieur (professionnel, social, familial) et induire une détresse significative .
Un risque suicidaire à toujours prendre en compte
Un EDC, d’autant plus s’il est sévère, peut comporter un risque majeur de pensées suicidaires, voire de passage à l’acte. La France présente un des taux de suicides les plus élevés d’Europe. Selon un sondage aléatoire réalisé pour le baromètre de Santé publique France auprès de 25 319 personnes de 18 à 75 ans en 2017, 4,7% des 18-75 ans déclaraient avoir pensé à se suicider au cours des 12 derniers mois, 7,2% avaient tenté de se suicider au cours de leur vie et 0,39% au cours de l’année. Le fait d’être une femme, des situations financières difficiles, le fait d’être célibataire, divorcé ou veuf, l’inactivité professionnelle ainsi que des évènements traumatisants sont associés aux comportements suicidaires. Le facteur le plus associé aux pensées suicidaires est d’avoir vécu un épisode dépressif caractérisé au cours de l’année (ORa=8,3 pour les hommes et 6,6 pour les femmes) .
Mais un EDC peut aussi se manifester par diverses manifestation somatiques et plaintes fonctionnelles et chez le sujet âgé le diagnostic peut être compliqué par l’existence de troubles cognitifs.
Un diagnostic clinique
L’évaluation de la sévérité d’un EDC repose sur le jugement du clinicien. Divers outils peuvent représenter une aide tant pour le diagnostic que pour le suivi du patient (PHQ-9, HDRS, BDI-II, MADRS).
Une décision informée
Au terme de l’évaluation de la sévérité il est recommandé d’informer le patient sur la nature des troubles dépressifs, les effets bénéfiques du traitement et les effets indésirables éventuels, et si nécessaire ou utile, avec son accord d’informer l’entourage .
Il est recommandé de ne pas prescrire de traitement antidépresseur pour un EDC d’intensité légère. En cas d’épisode dépressif modéré à sévère nécessitant un traitement médicamenteux il est recommandé de prescrire, en raison de leur meilleure tolérance, un ISRS, un IRSN, ou un médicament de la classe des « autres antidépresseurs », à l’exception des imipraminiques réservés aux traitements de 2nde intention en raison du risque de toxicité cardio-vasculaire et de la tianeptine et de l’agomélatine réservés aux traitements de 3e intention4.
La décision du traitement, en tout état de cause, doit se faire en concertation avec le patient selon ses préférences et l’accessibilité à une psychothérapie. Il est recommandé, en accord avec le patient, d’établir un projet thérapeutique, de demander si besoin un avis psychiatrique, de réaliser un suivi régulier, puis de réévaluer régulièrement ce projet et le réajuster si nécessaire4.

Objectifs :
L’objectif général de cette action est de permettre au médecin généraliste, médecin de premier recours, d’améliorer sa pratique pour le repérage, la prise en charge et le suivi des épisodes dépressifs caractérisés.

Mots clés : épisode dépressif – repérage – accompagnement.

Objectifs spécifiques
A l’issue de cette action les participants doivent être capables de :
1. Faire un diagnostic clinique d’épisode dépressif caractérisé et de son intensité ;
2. Évaluer le risque suicidaire ;
3. Prendre en charge un patient dépressif et définir avec lui un projet thérapeutique



Douleurs chroniques : du bon usage des antalgiques - S10

Bien que la douleur soit l'un des symptômes de présentation les plus courants pour le clinicien en soins de santé primaires, seul un pourcentage des patients développent un syndrome douloureux chronique, défini comme une douleur supérieure à trois mois. La majorité des patients ayant signalé une douleur chronique ont signalé plus d'un type de douleur . Le soulagement des douleurs n’est pas toujours un antalgique mais passe en premier lieu par la recherche d’une cause relevant d’un traitement spécifique, voire l’adaptation d’un traitement en cours. Des antalgiques eux-mêmes peuvent exposer à des douleurs, par exemple des céphalées auto¬entretenues par l’utilisation régulière et au long cours d’antalgiques, utilisés au départ pour soulager les maux de tête .
Pour un certain nombre de douleurs, des traitements simples, non médicamenteux, sont à proposer : repos, changements de posture, massages, etc… Souvent un antalgique non spécifique complémentaire est justifié́.

Identifier le type de douleur dont souffre le patient est utile pour concevoir un plan de traitement approprié, bien que les causes multifactorielles de la douleur chronique ne soient pas rares. Les douleurs sont classées schématiquement selon leur origine en douleurs nociceptives et douleurs neuropathiques. Les douleurs nociceptives sont provoquées par une atteinte d’un tissu ou d’un organe, par exemple lors d’un acte chirurgical, d’une blessure, en cas de métastase osseuse, ou encore d’atteinte musculaire ou articulaire. En général, ces douleurs nociceptives répondent aux antalgiques dits non spécifiques. Les douleurs neuropathiques sont provoquées par des atteintes du système nerveux central ou périphérique telles qu’une neuropathie, un zona, la compression d’une racine nerveuse et répondent généralement mal aux antalgiques dits non spécifiques .
Le paracétamol est l’antalgique de premier choix pour les douleurs légères à modérées. Il est antal-gique non opioïde et antipyrétique avec des effets anti-inflammatoires faibles . Utilisé aux doses recommandées, < 4 g maximum, il a peu d’effets indésirables.
Des antalgiques opioïdes dits faibles, ou de palier 2, tels que la codéine, la dihydrocodéine, le tramadol, sont souvent utilisés en cas de douleurs importantes ou d’insuffisance de résultat du paracétamol, mais ils exposent aux mêmes effets indésirables dose-dépendants que la morphine et à efficacité antalgique équivalente il n’est pas établi qu’il n’expose pas aux mêmes risques de dépendance que la morphine à dose faible . Des études répétées de l’ANSM et des centres de pharmaco et addictovigilance, s’appuyant sur des données de l’Assurance Maladie, continuent à identifier et surtout à quantifier l’importance d’un « problème tramadol » en France. Dans la majorité des cas notifiés, l’usage du tramadol débuté pour le traitement de la douleur est progressivement détourné avec persistance de la prise pour lutter contre des symptômes de sevrage ou la recherche d’effets psychoactifs .

Pour l’Afssaps en 2004 sur 6 opioïdes forts à visée antalgique (buprénorphine, fentanyl, hydromorphone, morphine, oxycodone et péthidine) seule la morphine est indiquée pour les douleurs dans le traitement des douleurs chroniques non cancéreuses (DCNC) persistantes, intenses ou rebelles aux antalgiques de niveau plus faible . La commission de transparence de la HAS a accordé́ en octobre 2014 un SMR important à trois spécialités à base d’oxycodone puis en 2015 à deux spécialités à base de morphine dans l’indication « douleurs intenses et chroniques de l’arthrose de hanche, du genou et de la lombalgie chronique » mais elle ne recommande pas leurs prescriptions dans les douleurs de maladies inflammatoires.
En fin de vie la prise en charge de la douleur est un élément important du maintien de la qualité de vie. Comment évaluer au mieux les répercussions de la douleur, adapter individuellement les doses d’antalgiques ?
De nombreuses recommandations ont été élaborées par diverses sociétés savantes et agences nationales du médicament quant à la prescription des antalgiques, notamment les opioïdes, dans la prise en charge des douleurs chroniques non cancéreuses. Toutes sont convergentes et insistent sur « la nécessité d’un diagnostic précis, d’un échec des thérapeutiques non opioïdes fortes, d’une prescription dans le cadre d’un contrat médecin malade fixant des objectifs précis et prévoyant des modalités de surveillance rigoureuse » .

Objectifs :
L’objectif général de ce projet est de permettre aux participants de s’approprier les bonnes règles de prescription des divers types d’antalgiques compte tenu de la situation du patient, leur surveillance et l’information à partager avec le patient.

Mots clés : douleur chronique – évaluation - antalgiques - bon usage

Objectifs spécifiques
A l’issue de cette action les participants doivent être capables de :
1. Identifier les caractéristiques des différents types de douleurs : nociceptives, neuropathiques, iatrogènes ;
2. Évaluer la douleur dans sa globalité et ses répercussions sur la qualité de vie ;
3. Évaluer le rapport bénéfice / risques des différentes classes d’antalgiques : paliers I, II & III ;
4. Définir les règles de bon usage des antalgiques opioïdes ;
5. Définir les critères d’orientation vers des structures spécialisées pour la prise en charge des douleurs chroniques.



Pour une prescription plus pertinente des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) - S4

La prévalence des traitements de longue durée par inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) est en forte augmentation. Leur efficacité est prouvée et leur tolérance à court terme semble bonne. Ils sont devenus d’usage courant, trop souvent utilisés inutilement - 3.
Une étude de l’ANSM basée sur les données de l’année 2015 du Système National des Données de Santé (SNDS) , conclue que plus de 15,8 millions de patients inscrits à l’assurance sociale ont reçu une délivrance IPP. La fréquence d’utilisation en France à cette date était de 23,8% (rapport du nombre de patients ayant reçu au moins une délivrance d’IPP sur la population totale). 54% des utilisateurs adultes (âge moyen 48 ans) recevaient des IPP de manière ponctuelle avec dans 90% de ces cas en même temps une prescription d’AINS. Dans 80% des cas aucun facteur de risque ne pouvait justifier cette prescription.
Dans une étude de consommation de l‘assurance maladie en 2016 les patients de plus de 75 ans étaient 46% à avoir consommé des IPP au moins une fois. Par ailleurs un patient sur 5 consomme des IPP au long cours, particulièrement ceux atteints de maladies chroniques (insuffisance rénale chronique, maladies du foie et du pancréas, traitement permanent par AINS ou corticoïdes). Neuf boîtes d’IPP sur 10 sont prescrites par des médecins généralistes. Entre juin 2008 et mai 2009, près de 58 millions de boîtes ont été distribuées en France par les pharmaciens d’officine .
Pour faire baisser les prescriptions associées d’IPP et AINS dans le cadre de pathologies non chroniques chez les patients non à risque, une ROSP a été contractualisée en 2019 entre l’assurance maladie et les syndicats de généralistes pour encourager à la baisse la part des patients de moins de 65 ans sans facteur de risque de lésions digestives hautes avec un AINS, et ayant reçu un traitement associant AINS et IPP. Pour le praticien il est important de bien connaitre les indications des IPP en fonction des pathologies gastro-œsophagiennes, des facteurs de risques de lésions gastro-œsophagiennes, des durées de traitements et des dosages suivant les molécules qui sont connues pour avoir à peu près la même efficacité.
Il y a lieu par ailleurs de s’interroger sur les risques d’éventuels effets indésirables notamment lors d’une administration prolongée. Dans une revue de la littérature en 2013 , à partir de 192 articles identifiés sur le sujet, Cindy Bourne en retient 80 pertinents, soit en anglais, soit en français. Les effets indésirables des IPP concernent les infections digestives (23%), les infections respiratoires (17%), les fractures (23%), les troubles métaboliques (hypomagnésémies, déficit en vitamine B12) (12%), les néphrites interstitielles (16%) , les cancers (12%), les affections cardiovasculaires . Une étude de cohorte prospective allemande a retrouvé que, chez des patients de plus de 75 ans, le risque de démence était augmenté de 44% en cas de traitement par IPP 8. Les RCP des différentes spécialités IPP reconnaissent des effets secondaires peu graves et fréquents et d’autres plus graves mais beaucoup moins fréquents : hyponatrémie, hypomagnésémie grave si association à un autre médicament ayant le même effet secondaire, fractures osseuses, néphrite interstitielle, risque d’infection intestinale. D’autres effets secondaires sont pour le moment de fréquence indéterminée à savoir des affections hématologiques, du système lymphatique, du système immunitaire et des affections psychiatriques. Mais le rapport d’évaluation de la commission de transparence de la HAS, synthèse du travail de réévaluation complété des avis par spécialités souligne le très faible niveau de preuve concernant la solidité et la fiabilité de ces résultats “en l’absence d’études contrôlées évaluées“ 1.
Pour la HAS, dans un communiqué de presse de novembre 2020 “les IPP doivent être moins et mieux prescrits“ . Une raison de plus pour les praticiens de réévaluer régulièrement leurs prescriptions et associer le patient à cette démarche qui peut aller jusqu’à un arrêt de ce traitement. En cas d'arrêt d’un IPP, celui-ci doit être progressif afin d'éviter un rebond de sécrétion acide 8.

Objectifs :
L’objectif général de cette action est de sensibiliser les médecins à la juste prescription des IPP chez les adultes et chez les enfants de plus d’un an et qu’ils puissent informer les patients sur le bon usage de ce type de médicaments .

Mots Clés : Lésions gastro-œsophagiennes - IPP – AINS - Éducation du patient

Objectifs spécifiques
A l’issue de ce programme les participants doivent être capables de
1) Connaître les données d’utilisation en France des IPP ;
2) Définir les indications validées de prescription des cinq molécules d’IPP ;
3) Identifier les effets iatrogènes des IPP, qu’ils soient fréquents ou rares ;
4) Savoir prescrire un IPP avec une éducation thérapeutique du patient : Les outils d’aide à la prescription ;
5) Savoir dé-prescrire les IPP



Dosages hormonaux thyroïdiens : améliorer la pertinence des prescriptions - S6

L’incidence des perturbations thyroïdiennes est difficile à estimer dans la population générale adulte, les manifestations cliniques étant peu spécifiques. Selon des données épidémiologiques françaises déjà anciennes les pathologies thyroïdiennes concerneraient 0,9% des actes en médecine générale, 0,4% en médecine spécialisée, environ un homme pour six femmes, et trois fois plus de patients âgés de plus de quarante ans que de patients plus jeunes. Selon les données de l’enquête SUVIMAX , portant sur plus de 10 000 volontaires sains répartis sur toute la France, la fréquence de l’euthyroïdie stricte était supérieure à 80% et celle des dysthyroïdies chez la femme supérieure à 13%. Les incidences annuelles moyennes des dysthyroïdies biologiques selon le sexe et l’âge étaient de 70/100 000 pour les hommes (45-60 ans) et 403/100 000 pour les femmes (35-60 ans) 1, .
L’hypothyroïdie, affection thyroïdienne la plus fréquente, touche principalement les femmes, avec une incidence qui augmente avec l’âge et survient en moyenne vers 60 ans. Son incidence annuelle dans la cohorte SUVIMAX a été estimée à 3,1 /1 000 chez les femmes et inférieure à 0,2 /1 000 chez les hommes 1, . Généralement asymptomatique elle évolue vers une hypothyroïdie avérée chez environ 3% à 4% des patients chaque année et ce d’autant plus que la TSH (Thyroid Stimulating Hormone) initiale est élevée , .
Toujours dans la cohorte SUVIMAX l’incidence annuelle des hyperthyroïdies était respectivement de l’ordre de 0,4 à 1,5/1000 et moins de 0,1/1 000 chez les femmes et chez les hommes, la cause la plus fréquente étant la maladie de Basedow. Les autres causes sont des nodules thyroïdiens hypersécrétants (goitre multi nodulaire toxique, adénome toxique), les hyperthyroïdies iatrogènes, une thyrotoxicose gestationnelle transitoire 5.
Faut-il envisager un dépistage systématique des dysthyroïdies ?
Aux États Unis la fréquence de l’hypothyroïdie périphérique a fait envisager un dépistage systématique de cette affection chez les femmes de plus de 35 ans pour prévenir les conséquences néonatales chez la femme enceinte ». Mais dans un essai états-unien en double aveugle comparant lévothyroxine, avec adaptation de la dose en fonction des résultats des dosages hormonaux, et placebo chez 677 femmes enceintes en hypothyroïdie fruste et 526 en hypothyroxinémie, il n’y a eu aucune différence significative entre les deux groupes pour la fréquence des complications de la grossesse ou néo-natales, ni pour les résultats des tests annuels de développement intellectuel jusqu’à 5 ans . Dans plusieurs autres études et méta-analyses comparant la lévothyroxine versus placebo chez des patients en hypothyroïdie fruste ou infra clinique le traitement substitutif n’est pas associé à une amélioration de la qualité de vie globale ou des symptômes en rapport avec la thyroïde. Ces résultats n’étayent pas l’utilisation systématique d’un traitement substitutif par hormone thyroïdienne chez les adultes présentant une hypothyroïdie infra clinique , . La décision thérapeutique doit être discutée au cas par cas en prenant en compte le ressenti de la personne et les signes cliniques .
Le groupe d’études canadien sur les soins de santé préventifs, “compte tenu de l’absence de bénéfice et des inconvénients réels de consultations et examens inutiles“ recommande de ne pas effectuer de dépistage de routine de la TSH chez les adultes asymptomatiques . Pour la HAS il n’y a pas lieu de dépister systématiquement la population générale s’il n’y a pas de signes cliniques évocateurs de dysthyroïdie ; le dépistage ciblé est recommandé dans les populations à risque (antécédent personnel ou familial de pathologie auto-immune ou thyroïdienne, traitements à potentiel effet thyroïdien…) .
En 2018, 26,4 millions de dosages d’hormones thyroïdiennes ont été réalisés pour un montant remboursé de 158,9 millions d’euros représentant 5% des dépenses de biologie. 78% des dosages ont été prescrits par des médecins généralistes. Une rationalisation des prescriptions permettrait d’escompter une économie de 12,7 millions d’euros en année pleine .

Objectifs :
Objectif général. Ce programme de DPC se propose d'identifier l'état de la prescription des examens biologiques de la thyroïde, de contribuer à développer l’analyse des données validées de la littérature et des recommandations, et définir pour les participants les motifs pertinents de prescription des dosages thyroïdiens.

MOTS CLES : Dysthyroïdies – Examens biologiques – Décision stratégique

Objectifs spécifiques
A l’issue de ce programme les participants doivent être capables de :
1. Connaître les données chiffrées réelles concernant les prescriptions de dosages hormonaux thyroïdiens.
2. Interpréter un dosage de TSH et proposer une stratégie diagnostique.
3. Identifier les sujets à risque d’hypothyroïdie fruste
4. Identifier les sujets à risque d’hyperthyroïdie infra clinique.
5. Définir une démarche de prescription pertinente des dosages hormonaux thyroïdiens.



Maladies inflammatoires chroniques intestinales : Diagnostic et prise en charge en médecine générale - S11

Fréquentes, les pathologies chroniques intestinales entrainent un handicap fonctionnel majeur et un retentissement important sur la qualité de vie. Leur nature est complexe, multifactorielle, la symptomatologie et l’évolution sont variables et il existe une grande incertitude concernant les limites et associations entre troubles fonctionnels intestinaux, syndrome du côlon irritable et pathologies inflammatoires intestinales : maladie de Crohn, rectocolite hémorragique, maladie cœliaque ou intolérance au gluten.
La prévalence du syndrome de l’intestin irritable (SII) est estimée entre 10 et 20%, le plus souvent des adultes jeunes . Aux USA il est responsable de plus de 3 millions de consultations ambulatoires annuelles et 5,9 millions de prescriptions pour un coût total de 20 milliards de dollars. La symptomatologie est éminemment variable. La première difficulté est d’établir le profil symptomatique du patient. Le SII ne correspond pas à une entité bien définie mais à un ensemble de causes diverses : altération de la flore, de la motricité et de la perméabilité intestinales, modifications des défenses immunitaires, interactions neuro-végétatives, y compris le statut psycho-social , et, comparativement au placebo, l’efficacité de la plupart des traitements reste marginale. La majorité des consultations se font en médecine de premier recours : 77% versus 43% en gastro-entérologie3. La prévalence d’une affection organique sous-jacente est faible, pas plus élevée que dans la population générale, et les recommandations actuelles ne préconisent pas la pratique systématique d’examens complémentaires en dehors de signes évocateurs de pathologie organique. Une démarche éducative est le pilier central de la prise en charge à visée purement symptomatique pour un contrôle durable des troubles fonctionnels et le maintien de la qualité de vie.

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) regroupent la maladie de Crohn (MC) et la recto-colite hémorragique (RCH), caractérisées toutes deux par une inflammation de la paroi d’une partie du tube digestif. Elles entraînent un handicap fonctionnel majeur et un retentissement important sur la qualité de vie. Leur cause reste inconnue, multifactorielle, leur évolution variable, parfois accompagnée de complications sévères, sans traitement curatif actuel. En France la prévalence augmente régulièrement de 10 nouveaux cas/ an pour 100 000 habitants . Les données du registre EPIMAD sur 571 patients du Nord de la France ont montré sur 5 ans une progression de l’incidence globale de 7,3 à 9,6/100 000 habitants soit une augmentation de 120% et 170% respectivement pour la MC et la RCH. Une étude danoise a montré, comparativement à la population générale, un risque accru de cancer colorectal multiplié par 2 à 2,5 après 10 ans d’évolution de la maladie, plus chez les hommes que chez les femmes . Le traitement repose sur une prise en charge globale et une participation active du patient avec pour objectif un contrôle de la pathologie et le maintien de la qualité de vie mais il n’y a pas de traitement curatif spécifique des MICI .

Dans les pays occidentaux, la prévalence de la maladie cœliaque (MC) est en population générale de 0,7 à 2%, mais plus élevée dans certaines populations « à risque » pour diverses raisons : 3 à 6% chez les diabétiques de type 1, 10 à 20% chez les apparentés du 1er degré d’un sujet cœliaque, 3 à 15% chez les sujets ayant une anémie ferriprive, 1 à 3% en cas d’ostéoporose. Surtout, la majorité des MC sont atypiques, donc souvent méconnues : pour chaque cas de MC diagnostiquée, 3 à 7 resteraient non diagnostiqués . Actuellement il n’existe pas de traitement curatif, la seule prise en charge reposant sur l’éducation du patient et le régime sans gluten .
Le fait que la prévalence de ces maladies augmente très rapidement dans les pays en voie d’industrialisation laisse suspecter leur origine multifactorielle avec de nombreuses incertitudes.

Objectifs :
L’objectif général de cette action est de permettre aux participants de s’approprier les données concernant la présentation clinique, le diagnostic et ses incertitudes, et la prise en charge des différentes pathologies inflammatoires chroniques de l’intestin pour mieux informer leurs patients et les accompagner dans la gestion de leur maladie.

MOTS CLÉS : MICI - Diagnostic – Prise en charge

Objectifs spécifiques
1. Identifier les caractéristiques cliniques d’un syndrome de l’intestin irritable.
2. Définir les critères diagnostiques d’une maladie inflammatoire de l’intestin : maladie de Crohn ou rectocolite hémorragique.
3. Identifier les manifestations à court et long terme de la maladie cœliaque.
4. Informer le patient pour définir avec lui une conduite à tenir compte tenu de sa pathologie.



Les troubles du spectre de l’autisme : les repérer pour une prise en charge précoce - S10

L’autisme a été décrit en 1943 ; aujourd'hui on parle plus des troubles du spectre de l'autisme (TSA). On estime que l’autisme toucherait 1 personne sur 100 . En février 2018 la HAS a publié des recommandations de bonnes pratiques pour les TSA .
Trois facteurs sont distingués dans l’autisme : la génétique, le développement cérébral et le comportement. Ces trois facteurs sont en interaction constante, et ce toute la vie1.
Les TSA résultent d'anomalies du neurodéveloppement. Ils apparaissent précocement au cours de la petite enfance et persistent à l'âge adulte. Ils se manifestent par des altérations dans la capacité à établir des interactions sociales et à communiquer, ainsi que par des anomalies comportementales, en particulier une réticence au changement et une tendance à la répétition de comportements ou de discours. Les personnes concernées semblent souvent isolées dans leur monde intérieur et présentent des réactions sensorielles (auditives, visuelles, cutanées ...) particulières.
Malgré la diversité des troubles et les capacités d'insertion sociale très variables de ces personnes, l'autisme est reconnu comme un handicap en France depuis 1996. Il nécessite une recherche pluridisciplinaire pour comprendre ses mécanismes et améliorer sa prise en charge , . Il est souvent associé à d’autres troubles (épilepsie, hyperactivité, déficience intellectuelle, troubles du sommeil, troubles alimentaires…)1.
Il n’existe pas, à l’heure actuelle, de médicament spécifique pour l’autisme, mais une prise en charge adaptée doit permettre de mieux vivre avec l’autisme.
L’autisme peut être repéré avant l’âge de 2 ans, mais le diagnostic est possible tout au long de la vie1.
L’enjeu principal d’un repérage puis d’un diagnostic précoce est la possibilité de mettre en œuvre des interventions adaptées aux enfants avec TSA, globales, personnalisées et coordonnées, si possible avant l’âge de 4 ans, dans le but de favoriser leur développement et leurs apprentissages et de réduire les sur-handicaps .
Dans ces recommandations, la place du médecin généraliste est clairement définie, tout en précisant la nécessité de s'appuyer sur les professionnels libéraux compétents pour les bilans et prise en charge : orthophonistes, neuropsychologues et psychomotriciens sont les praticiens les plus facilement repérables. La synthèse des recommandations propose un arbre décisionnel utile en pratique courante et souligne que les missions du MG ne concernent pas le diagnostic, mais le repérage . Un outil de dépistage, le M-CHAT-R est facilement utilisable en consultation de médecine générale6, . En cas d'inquiétude sur le diagnostic, il dispose d'unités de 2e ligne, pluridisciplinaires, qui effectueront les bilans complémentaires.
La socialisation doit être soutenue : crèches, école en petite section, autres dispositifs relais associatifs, associations de parents, pair-aidance6.

Objectifs :
L’objectif général de cette action est de permettre aux participants de s’approprier les données concernant le repérage précoce des troubles du spectre de l’autisme et les modalités de prise en charge et de suivi.

Mots clés : Repérage – Troubles du comportement - Orientation

Objectifs spécifiques
A l’issue de cette action les participants doivent être en mesure de :
1. Repérer les signes d’alertes de TSA ;
2. Définir les outils de dépistage utilisables en soins primaires ;
3. Définir les unités pluridisciplinaires de 2e ligne qui seront capables de faire les bilans complémentaires
4. Coordonner l’accompagnement de l’enfant et de sa famille dans l’attente d’une confirmation du diagnostic et d’une prise en charge spécialisée.



Mésusage de l’alcool ? Réduction ou abstinence ? Partager la décision - S8

La consommation de boissons alcoolisées constitue une composante importante des pratiques culturelles françaises et de certaines formes de sociabilité́ qui interviennent dès l’adolescence et qui sont associées à des risques sanitaires et sociaux majeurs . Les classifications pharmacologiques font apparaître l’alcool parmi les substances psychoactives les plus nocives en termes de dommages physiques, sociaux, et de dépendance. En France, en 2009, sur un total de 535 000 décès, 49 000 étaient attribuables à l’alcool, 36 500 chez les hommes (13% de la mortalité́ totale) et 12 500 chez les femmes (5% de la mortalité́ totale) : 15 000 décès par cancer (voies aérodigestives supérieures, sein foie, colorectal), 12 000 par maladie cardiovasculaire, 8 000 par maladie digestive (cirrhoses), 8 000 par cause externe (accidents) et 3 000 par maladies mentales et troubles du comportement. Les fractions de décès attribuables à l’alcool sont de 22%, 18% et 7% respectivement dans les populations des 15-34 ans, 35-64 ans et des 65 ans et plus . C’est la deuxième cause de mortalité́ évitable en France, après le tabagisme. L’alcool est nocif même à la dose relativement modérée de 13 grammes par jour, qui cause 1 100 décès annuels.
Outre l’impact en termes de morbidité́ et de mortalité́, le mésusage d’alcool a des conséquences sociales dans les sphères privée et professionnelle, associé à un risque de délits graves, notamment avec violences (agressions physiques et sexuelles, incivilités, violences conjugales et domestiques) accidents du travail, absentéisme par arrêts répétés ou de longue durée, baisse de concentration, perte globale de productivité́ . Les conséquences de la consommation d’alcool peuvent également nuire au développement de l’enfant : syndrome d’alcoolisation fœtale, mauvais traitements, négligence parentale.
L’abstinence est l’objectif approprié pour la plupart des personnes souffrant de dépendance à l’alcool et celles qui en abusent et ont une importante comorbidité psychiatrique ou physique telles que la dépression ou une maladie du foie. Mais au-delà des débats entre sevrage ou réduction de la consommation l’accompagnement thérapeutique a pour objectif premier d’améliorer la santé des patients souffrant d’un trouble d’usage de l’alcool . Les principes motivationnels et le choix partagé du patient sont les éléments essentiels de la décision entre sevrage ou simple réduction de la consommation et de la prise en charge 4, . Alors que près de 50 % des sujets relevant de troubles addictifs avec l’alcool règlent leurs difficultés sans l’aide de personne , Il apparaît nécessaire de s’appuyer sur des interventions brèves permettant d’entrer dans une démarche de soin, et des interventions médicamenteuses et psychosociales, évaluées comme efficaces pour accompagner des processus de changement des consommations problématiques.
Les principaux enjeux des traitements pharmacologiques sont la prévention ou le traitement du syndrome de sevrage alcoolique et l’aide à la réduction de consommation ou au maintien du sevrage. Ils ont tous des indications précises, des posologies et des durées de traitements à respecter et une évaluation de leurs bénéfices peu précise . Ces traitements ne peuvent s’envisager qu’en association avec les interventions psycho-sociales .

MOTS CLÉS : Mésusage Alcool- Repérer - Évaluer- Prise en charge - Changement

Objectifs :
Objectif général. Identifier les patients à risque de mésusage de l’alcool pour les accompagner vers et dans une prise en charge.

Objectifs spécifiques
1. Repérer les patients à risque de mésusage d’alcool.
2. Évaluer la sévérité du mésusage d’alcool.
3. Identifier les répercussions du mésusage d’alcool.
4. Définir avec le patient les modalités du changement pour une stratégie de diminution des risques


III – Les conditions de l’ANDPC

Quatre données principales.

–> Pour plus de détails

IV – Les conditions de l’UnaformeC : inscription

Trois choix

  1. 30 euros : première inscription pour l’année en cours à un DPC.
  2. 90 euros : première inscription pour l’année en cours à un DPC avec 40 numéros (un par semaine) de BIBLIOMED et 52 numéros (un par semaine) de La Semaine.
  3. 130 euros : première inscription pour l’année en cours à un DPC avec 40 numéros (un par semaine) de BIBLIOMED et 52 numéros (un par semaine) de La Semaine ansi qu’un abonnement pour 10 numéros de MEDECINE.

Au moment de votre inscription les réglements pourront être faits soit pas chèque soit par PayPal.

–> Ce qu’est BIBLIOMED.

–> Ce qu’est MEDECINE.

–> Ce qu’est La Semaine.

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