Discours de Michel Doré, présentant sa candidature à la Présidence de l'UNAFORMEC le 15 décembre 2007.

L’UNAFORMEC est notre bien commun. C’est un lieu
d’engagement pour nous tous : de formation, d’enseignement, de création,
de recherche, mais aussi de plaisir.
C’est en réfléchissant à notre situation, à nos
spécificités, au contexte dans lequel nous évoluons et à une conception de la
FMC et de l’EPP au service d’une DAQ ainsi qu’à une réflexion sur l’évolution
de nos conditions d’exercice que j’ai imaginé les grandes lignes du projet qui
motive ma candidature.
Tout d’abordLes spécificités de l’UNAFORMEC (ce que nous avons et que les autres n’ont
pas) :
-
son histoire : elle a présidé à tout ce qui constitue
aujourd’hui l’activité de FMC et d’EPP et de DAQ en médecine de ville.
- Son réseau unique d’associations locales réunies en
fédérations régionales, et d’associations nationales.
- La rigueur scientifique de ces productions
- La reconnaissance de sa représentativité en matière de FMC
associative de proximité
- Sa tradition d’évaluation (évaluation des programmes avant
l’évaluation des processus et maintenant des pratiques avec l’EPP)
- La qualité de la relation humaine qui nous lie et qui est
rappelée par chacun de nous depuis ce matin ainsi que notre capacité à
apprendre des anciens autant que des jeunes.
Le contexte plus concurrentiel qu’institutionnel (c’est peut-être le plus grand changement
en matière de positionnement de notre Union)
Nos concurrents :
-
Université
-
Syndicats
-
Sociétés
savantes
-
Industrie
pharmaceutique
-
Sociétés
privées
Notre situation
-
Politique :
elle est affirmée notamment par nos places dans les différentes instances HAS,
AFFSAPS, CNFPC, CPNFPC, etc., même si elle ne s’exprime pas très souvent dans
la presse professionnelle.
-
Financière :
elle est saine, mais très (trop ?) basée sur la FPC, dans un contexte où
les médecins se tournent vers la gratuité à tout prix.
-
Notre public : médecin isolé, membre d’une association
locale, d’une association nationale, responsable d’association ou de région,
enseignant, membre de société savante, institution (ex. : HAS),
assurances, industrie pharmaceutique.
Une conception de la FMC et de l’EPP au service
de la démarche qualité : une
conception qui sert avant tout les professionnels en exercice pour les aider à
modifier leurs pratiques. L’EPP permet de mesurer ces modifications et de détecter les
obstacles à leur mise en œuvre. De ce fait, l’EPP aide à construire une FMC
plus pertinente, plus utile. Mais évaluer sa pratique sans « outils »
pour la modifier ne sert à rien : FMC et EPP sont 2 compléments
indispensables l’un à l’autre pour mettre en œuvre une véritable démarche
d’assurance qualité…Cette vocation à favoriser et accompagner le progrès se justifie, car elle repose sur :
- une qualité scientifique ce qui implique un centre de doc (unique en France par son fonctionnement, ses publications, et qui répond tellement bien à la nécessité de synthèse de l’information scientifique qu’il est jugé comme indispensable par des instances qui font référence telles que le CHU de Rouen), mais aussi une Société savante de médecine générale dont les qualités sont reconnues aussi bien par la HAS que par le reste de la profession.
- Une qualité pédagogique qui implique une école de formation à la pédagogie, mais aussi une émulation à la recherche en pédagogie.
- La pertinence des actions garantie entre autres par la proximité (il s’agit d’être au plus près du médecin), ce qui implique de maintenir et de développer les liens entre les éléments constituant notre réseau, les associations locales. Tout ceci justifie l’évolution de notre structure qualité, FORQUAL®, au service de la mutualisation des productions du réseau.
- L’indépendance qui garantit que nos choix d’actions soient utiles à ceux à qui ils sont destinés et pas seulement à ceux qui les financent.
Mais nous devons aussi faire évoluer notre union pour qu’elle s’adapte aux changements :
Petite histoire d’histoire
Il était une fois un médecin généraliste :
- Il y a 50 ans le médecin généraliste ne faisait que du soin, mais 24 h/24 et 7j/7, il faisait de 20 à 50 visites à domicile par jour. Il avait une gouvernante, une femme de ménage et une personne pour répondre au téléphone et souvent faire sa comptabilité.
- Il y a 25 ans il faisait du soin en lien avec les autres effecteurs médecins spécialistes, paramédicaux. Il participait à un système de garde pour les urgences et la permanence des soins. Il suivait sa formation professionnelle, il faisait encore 20 visites/j mais n'avait plus aucun personnel à sa disposition.
- Aujourd'hui, il est spécialiste et en plus du soin, de la prévention, de l'éducation au patient, de la psychothérapie, de l'EPP, de la FMC, avec une DAQ, il trace son activité, il fait de la recherche, il communique avec les autres intervenants. Les consultations durent beaucoup plus longtemps et demandent des compétences beaucoup plus larges et complexes : il ne fait plus que 3 visites/j.
Heureusement, il est exclu du système des urgences (réservé aux "urgentistes ") bien qu’il soit "invité " à participer à la permanence des soins, c'est-à-dire continuer à être disponible la nuit et le dimanche.
Par contre : il doit aussi faire dans son cabinet, le secrétariat, le courrier, la gestion, et souvent le ménage…
Demain, il est une femme, qui est attachée à travailler dans un environnement technique conforme à ce qu’elle a reçu dans son enseignement initial. Elle est attentive à la qualité de son exercice autant qu’à sa qualité de vie. Les exigences qualitatives, la démographie raréfiant le nombre de médecins, le nombre de tâches d’accompagnement, de prévention et d’éducation s’ajoutant au nécessaire regard sur sa pratique et s’associant à l’enseignement de son expertise, obligent à envisager un exercice partagé dans des structures permettant le regroupement de moyens tant humains que matériels.
Malgré tout cela, ce qui ne changera pas c’est la nécessité d’une formation permanente adaptée ; c'est-à-dire avec des moyens sans cesse renouvelé et alimenté notamment par l’EPP.
En conséquence, je pense aujourd’hui que nous devons tout mettre en œuvre pour :
- Optimiser, mais aussi développer, dynamiser les activités du réseau et le travail en réseau.
- Aider les fédérations, les associations, les individus
- Aider les associations nationales à atteindre leurs objectifs donc de les identifie
- Accompagner les jeunes médecins dans tous les aspects de leur développement personnel continu (DPC)
- Initier étudiants, notamment les IMG au DPC
DPC à la place de FMC, car il s’agit de permettre au médecin d’être en mesure de progresser au sens large du terme, ce qui sous-entend
- Que pour être en état d’améliorer sa pratique médicale, il soit disponible et heureux.
- Que ses activités de FMC contribuent à le rendre heureux, fier d’une pratique dont il est l’expert.
Mais je parle, je parle et je ne me présente pas :
Je suis Michel Doré j’ai 59 ans marié 2 enfants
Je suis MG en 77 depuis 77, en groupe
Maitres de conférence associé de médecine générale, directeur du Département de médecine générale de l’UFR Paris XIII à Bobigny.
D’où je viens ?
En fait, je suis né avec l’UNAFORMEC
Il s’agit de ma naissance professionnelle : car malgré ma formation universitaire, je ne savais pas répondre aux demandes de mes patients…
La rencontre de l’esprit UNAFORMEC, mais surtout de ses acteurs, me comble et me motive et je crée mon association locale avec Claude Grunbreg, ma fédération départementale avec Francis Abramovici, la fédération régionale avec Marcel Tobelem. J’intègre le bureau national en 1997, à la demande de Philippe Bonet avec les statuts successifs de chargé de mission, de vice-président et de secrétaire général adjoint. Pendant toutes ces années j’apprends le développement de la dimension politique de notre réseau avec Albert Hercek, la rigueur avec Pierre Gallois, j’en passe et des meilleurs tel que la découverte de mes capacités à produire avec Eric Drahi, à critiquer avec Yves Le Noc, à écrire avec Jean Pierre Vallée, à communiquer avec Philippe Bonet, et que les autres m’excusent ils sont si nombreux…Enfin, voilà comment j’ai grandi !Aujourd’hui,
Je suis candidat d’abord par devoir :
Je dois tellement à l’UNAFORMEC qu’il me parait naturel de donner à mon tour en prenant cette responsabilité. En effet, je suis incapable, si je suis seul, d’écrire, de chercher, de produire, d’organiser ce qui est nécessaire à me faire progresser.Je ne suis pas candidat par ambition personnelle
Je ne souhaite pas utiliser l’UNAFORMEC au profit d’un projet personnel, mais au contraire je souhaite me mettre au service du projet de l’UNAFORMEC
Ce projet est la 1re priorité de mon programme, il est dans mon esprit, à écrire ensemble. (comme nous l’avons fait pour le projet 2004-2007)
Le 2ème point clé de mon programme c’est le lien avec le réseau et la visibilité de ce qu’il est et de ce qu’il fait notamment son apport à la qualité de l’exercice professionnel.
Le 3ème point est la production d’outils et de documents dans le respect de nos valeurs, mais avant tout utilisables, ce qui implique dans mon esprit :
- Des rencontres pour comprendre
- Le développement d’une communication plus pertinente, vers les publics concernés.
- La mutualisation et l’adaptation des productions du réseau.
Mon ambition pour notre réseau est que chacun en son sein prenne conscience de l’importance, de la force, de la qualité et de l’utilité de ce réseau. Mais aussi, que notre environnement sache qui nous sommes et ce que nous faisons.Mais pour moi, tout ceci ne peut se concevoir seul et je suis donc très attaché à sans arrêt répondre à ces deux questions : « Qu’est-ce que j’attends de l’UNAFORMEC et qu'est-ce que j’apporte à l’UNAFORMEC ? »
C’est à partir de ces 2 questions que j’ai recruté l’équipe que je vous présente, afin qu’elle soit en cohérence avec le programme…… Pour les valeurs nous avons, entres autres, retenus :
- indépendance syndicale et financière
- respect, notamment des différences
- humilité, mais aussi
- détermination et conviction
Pour les buts :
- participer aux débats professionnels (notamment de la politique de santé)
- financer nos ambitions
- organiser le réseau
- renforcer le sentiment d’appartenance donc maintenir le réseau bien informé
- informer notre environnement de ce que nous sommes et ce que nous faisons
- préparer le réseau aux évolutions futures
Pour les contraintes :
- Argent
- Ressources humaines
- La place du bureau dans le réseau
- Concurrence
- Circulation de l’information dans le réseau
Et comme je le disais au début : L’UNAFORMEC est notre bien commun et rien ne se fera d’utile et de magnifique sans vous ! Ainsi, votre premier acte de responsabilité aujourd’hui est donc le vote. Merci à tous pour attention.
La composition du nouveau Bureau de l'UNAFORMEC