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Foire Aux Questions

 

Pourquoi cette action Docteur ?

Dr Lemantibio: C’est un vieux projet. Ça fait longtemps que nous voyons que les comportements des gens ne sont plus vraiment adaptés quand ils attrapent une infection respiratoire aiguë bénigne (rhume, bronchite, rhinopharyngite). Chacun médecin essaye bien d’informer, d’éduquer sa clientèle, mais jusqu’à présent, nous manquions du support nécessaire. C’est difficile de lutter contre la confiance excessive que les gens ont dans les antibiotiques et de leur apprendre quand ils doivent nous consulter, pour le cas où ils auraient une infection plus grave, dans lequel les ATB peuvent être utiles, voire indispensables.

Les gens ne savent pas ?
Il y a un malentendu. Ils ne savent pas vraiment ce qu’ils peuvent attendre du médecin. Quand ils ont ce type d’infection, les gens croient que nous pourrons l’enrayer. Mais si nous savons combattre le cancer, le sida, lesinfections graves comme la méningite, la pneumonie, la tuberculose, etc, nous sommes toujours aussi peu efficaces pour un rhume, une rhinopharyngite ou une bronchite.
Ils pensent aussi que ça s’aggravera si ils ne se soignent pas!
Oui, mais c’est rarement le cas. Mais c’est pour ça qu’il est si important d’apprendre à distinguer ce qui peut s’aggraver de ce qui ne présente a priori pas de danger.

Mais pourquoi est-ce si important de diminuer la consommation d’antibiotiques ?
Les ATB ne sont actifs qu’en cas d’infection bactérienne. Jamais sur les virus qui sont responsables de 9 infections respiratoires aiguës sur 10. Heureusement, les infections graves, celles qui peuvent mal tourner, sont le plus souvent bactériennes, et donc guérissables par des ATB. Mais la surconsommation d’ATB risque de rendre très vite inefficace ceux que nous utilisons habituellement en médecine générale. Il faut déjà 40 fois plus de pénicilline pour soigner une pneumonie qu’autrefois !

Est-ce pour une question d’économies que vous nous demandez de prendre moins d’ATB ?
Non. C’est pour un problème de qualité des soins. Et d’écologie. C’est aussi idiot et nuisible d’abuser des ATB pour se soigner que d’abuser des engrais ou des pesticides dans l’agriculture. De toutes façon, nous sommes indépendants de l’assurance maladie. Même si notre projet est financé par les URCAM, nous conservons toute notre liberté. C’est un des principes de base de l‘UnaformeC. Mais on ne peut pas non plus négliger les 4 millions d’euros qu’on économiserait chaque année dans la Sarthe si on réduisait de moitié la consommation d’ATB, ce qui paraît tout à fait possible, et sans danger, bien au contraire, pour la santé.

Pourquoi les gens en demandent-ils autant ?
Les temps ont changé depuis les années 50-60. Les gens n’ont plus le temps de se soigner. Ils ne veulent pas s’arrêter. Ils veulent guérir vite pour ne pas s’arrêter. Pareil pour les enfants car presque toutes les mamans travaillent. Et comme ils croient aux ATB, ils en attendent de nous.

Pourquoi les médecins en prescrivent-ils autant, et pourquoi une telle différence avec les allemands et les anglais ?

La différence existe, mais elle n’est pas si grande en réalité. La façon dont on fait le compte fausse le résultat. Cette différence tient surtout au fait qu’on consulte beaucoup moins chez eux pour rhume et rhinopharyngite. Question de culture sans doute. Mais la sur-prescription existe dans tous les pays, et qu’ils soient français, anglais, allemands ou hollandais, tous les médecins en sont conscients.

Mais pourquoi en prescrire alors ?
Nous surestimons la demande des patients. Partout en Europe, aux États unis aussi, des études récentes le montrent. Y compris celle que nous avons fait au Mans en février 2002. Nous allons en tenir compte.
Mais surtout le risque s’est inversé. Autrefois, dans les années 1960-1970, la santé des gens était moins bonne, et le danger était de laisser se développer une infection grave. Maintenant, ils sont mieux nourris, plus éduqués, l’accès aux soins est facile. Ils sont moins malades. Le danger est devenu de fabriquer des super-germes, résistants aux ATB, et capables de redonner l’avantage à la maladie.


Vous pensez qu’on peut remédier à ce problème?
C’est possible si tout le monde veut y mettre du sien. Médecins, patients et médias. C’est le but du
projet LEMANTIBIO, qui est en 3 parties:
1) Une campagne d’éducation à la santé du public, qui a eu lieu dans le Maine Libre, relayée par ce livret dans les cabinets médicaux, les pharmacies, et chez tous les professionnels de santé qui le voudront bien.
2) Des séminaires de formation pour les médecins qui doivent se mettre d’accord sur la meilleure façon d’adapter les recommandations nationales à la réalité de leurs patients, et se former aux dernières nouveautés ( les tests de diagnostic pour les angines par exemple).
3) Le ROMPI. ROMPI, ça veut dire Réseau Manceau d’Observation des Pathologies Infectieuses. C’est un réseau de généralistes et de pédiatres de la CUM qui surveillent les infections respiratoires, et qui font des prélèvements. Le ROMPI est aux infections respiratoires aiguës, ce que Météo France est au temps. Grâce à lui, tous les mercredi, vous pourrez lire dans le Maine Libre les maladies qui vous guettent, et la meilleure façon de s’en prémunir et de les soigner. Ça ne s’est encore jamais fait nulle part ailleurs. C’est une petite révolution dans le monde de la santé, et nous comptons énormément sur le ROMPI pour changer les comportements.

Alors, va pour le projet LEMANTIBIO, et bonjour aux familles Delatoux et Roumion, dont vous allez suivre les aventures médicales dans les pages qui suivent.

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Mis à jour le 16/02/03


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