Labège (31) Le 18 octobre 2018 : Maladies inflammatoires chroniques intestinales - soirée (3h)
Action ANDPC n° 10841800049 S1

Fréquentes, les pathologies chroniques intestinales entrainent un handicap fonctionnel majeur et un retentissement important sur la qualité de vie. Leur nature est complexe, multifactorielle, la symptomatologie et l’évolution sont variables et il existe une grande incertitude concernant les limites et associations entre troubles fonctionnels intestinaux, syndrome du côlon irritable et pathologies inflammatoires intestinales : maladie de Crohn, rectocolite hémorragique, maladie cœliaque ou intolérance au gluten.
La prévalence du syndrome de l’intestin irritable (SII) est estimée entre 10 et 20%, le plus souvent des adultes jeunes . Aux USA il est responsable de plus de 3 millions de consultations ambulatoires annuelles et 5,9 millions de prescriptions pour un coût total de 20 milliards de dollars. La symptomatologie est éminemment variable. La première difficulté est d’établir le profil symptomatique du patient. Le SII ne correspond pas à une entité bien définie mais à un ensemble de causes diverses : altération de la flore, de la motricité et de la perméabilité intestinales, modifications des défenses immunitaires, interactions neuro-végétatives, y compris le statut psycho-social , et, comparativement au placebo, l’efficacité de la plupart des traitements reste marginale. La majorité des consultations se font en médecine de premier recours : 77% versus 43% en gastro-entérologie3. La prévalence d’une affection organique sous-jacente est faible, pas plus élevée que dans la population générale, et les recommandations actuelles ne préconisent pas la pratique systématique d’examens complémentaires en dehors de signes évocateurs de pathologie organique. Une démarche éducative est le pilier central de la prise en charge à visée purement symptomatique pour un contrôle durable des troubles fonctionnels et le maintien de la qualité de vie.

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) regroupent la maladie de Crohn (MC) et la recto-colite hémorragique (RCH), caractérisées toutes deux par une inflammation de la paroi d’une partie du tube digestif. Elles entraînent un handicap fonctionnel majeur et un retentissement important sur la qualité de vie. Leur cause reste inconnue, multifactorielle, leur évolution variable, parfois accompagnée de complications sévères, sans traitement curatif actuel. En France la prévalence augmente régulièrement de 10 nouveaux cas/ an pour 100 000 habitants . Les données du registre EPIMAD sur 571 patients du Nord de la France ont montré sur 5 ans une progression de l’incidence globale de 7,3 à 9,6/100 000 habitants soit une augmentation de 120% et 170% respectivement pour la MC et la RCH. Une étude danoise a montré, comparativement à la population générale, un risque accru de cancer colorectal multiplié par 2 à 2,5 après 10 ans d’évolution de la maladie, plus chez les hommes que chez les femmes . Le traitement repose sur une prise en charge globale et une participation active du patient avec pour objectif un contrôle de la pathologie et le maintien de la qualité de vie mais il n’y a pas de traitement curatif spécifique des MICI .

Dans les pays occidentaux, la prévalence de la maladie cœliaque (MC) est en population générale de 0,7 à 2%, mais plus élevée dans certaines populations « à risque » pour diverses raisons : 3 à 6% chez les diabétiques de type 1, 10 à 20% chez les apparentés du 1er degré d’un sujet cœliaque, 3 à 15% chez les sujets ayant une anémie ferriprive, 1 à 3% en cas d’ostéoporose. Surtout, la majorité des MC sont atypiques, donc souvent méconnues : pour chaque cas de MC diagnostiquée, 3 à 7 resteraient non diagnostiqués . Actuellement il n’existe pas de traitement curatif, la seule prise en charge reposant sur l’éducation du patient et le régime sans gluten .
Le fait que la prévalence de ces maladies augmente très rapidement dans les pays en voie d’industrialisation laisse suspecter leur origine multifactorielle avec de nombreuses incertitudes.

Objectifs :
L’objectif général de cette action est de permettre aux participants de s’approprier les données concernant la présentation clinique, le diagnostic et ses incertitudes, et la prise en charge des différentes pathologies inflammatoires chroniques de l’intestin pour mieux informer leurs patients et les accompagner dans la gestion de leur maladie.

Objectifs spécifiques
1. Identifier les caractéristiques cliniques d’un syndrome de l’intestin irritable.
2. Définir les critères diagnostiques d’une maladie inflammatoire de l’intestin : maladie de Crohn ou rectocolite hémorragique.
3. Identifier les manifestations à court et long terme de la maladie cœliaque.
4. Informer le patient pour définir avec lui une conduite à tenir compte tenu de sa pathologie.

Expert : Dr Pierre TOULEMONDE

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