Place du MBPU dans le DPC

Depuis 1978, nous avons connu une organisation de la FMC qui repose sur 2 pieds :
- Les associations de FMC locales, départementales, régionales ou nationales, qui regroupent des médecins pour des actions de FMC se déroulant en soirées ou en journées. Ces associations sont constituées par des professionnels en exercice. Les associations locales définissent le plus souvent un programme annuel à partir de besoins recensés ou exprimés par les participants. Les séminaires de 2 jours ou plus sont très majoritairement organisés par des structures de taille régionale ou nationale. Ces associations utilisent le plus souvent des méthodes interactives. Beaucoup fonctionnent sous la forme de groupes d’échanges de pratiques.
- La pédagogie par objectifs. Une des grandes révolutions dans la pédagogie de la formation continue des médecins a été la pédagogie par objectifs, permettant de construire des programmes autour des compétences que les participants mettraient en oeuvre à l’issue de l’action. Cette pédagogie par objectif a permis de passer d’une formation centrée sur le savoir des formateurs vers une formation centrée sur les compétences des formés.

La mise en oeuvre de l’Évaluation des Pratiques Professionnelle (EPP) procédait d’une logique complémentaire, utilisant les principes de la démarche qualité. Il s’agissait pour les participants, à partir d’une analyse de leurs propres pratiques, de construire des actions d’amélioration, de les mettre en oeuvre, puis d’analyser après cette mise en oeuvre les changements obtenus, entrant ainsi dans un processus d’amélioration continue.

La notion d’identification des besoins de formation est apparue avec les débuts de la FMC, mais a été formalisée à la fin des années 1990. Les bilans de compétence, les bilans professionnels personnalisés (le BPP de l’UNAFORMEC), les groupes d’échange de pratiques, ont permis aux participants à ces réalisations de progresser à partir de leurs besoins identifiés par un processus explicite.

Toute cette structuration s’est faite depuis ces 30 dernières années autour des organismes de formation qui ont développé cette ingénierie, en proposant des programmes aux médecins, qui s’inscrivaient le plus souvent de façon opportuniste.

Le DPC capitalise ces avancées, en y ajoutant le concept de « plan »

Ce que propose le DPC est de partir du participant lui-même, qui va construire son PLAN de DPC, à partir des besoins qu’il recueille et analyse. C’est donc ces besoins que le médecin va recueillir, va analyser, pour en faire une synthèse, et choisir les programmes de DPC auxquels il va participer. Cette notion de plan de DPC est en soi une révolution : le médecin devient responsable de son propre DPC, et de son suivi. Cette démarche repose sur la capacité qu’a le professionnel d’observer sa pratique et l’analyser en la comparant à des référentiels. C’est à partir de cette analyse qu’il va construire des actions d’amélioration, qu’il va suivre dans le temps pour vérifier leur mise en oeuvre. C’est aussi à partir de cette analyse qu’il va pouvoir communiquer et partager avec ses confrères engagés dans le même plan de DPC ses compétences et ses difficultés dans le domaine considéré. C’est la succession de ces 3 temps (recueil et analyse des pratiques, confrontation à des référentiels, suivi des améliorations) qui va faire que cette démarche est du DPC. Le premier temps de cette démarche, qui repose sur le recueil et l’analyse des pratiques, est par essence un temps individuel, pour lequel des outils sont nécessaires.

Que dit la HAS à propos de ce plan de DPC dans son document de décembre 2012 intitulé « Développement professionnel continu : Méthodes et modalités de DPC » ?

Il est demandé à chaque professionnel de santé :

- de décrire son implication dans le programme de DPC en renseignant chaque année un bilan individuel d’activité. Celui-ci comprend au minimum : les besoins identifiés par le professionnel,
- le programme suivi,
- les actions d’améliorations mises en oeuvre ;
- et de pouvoir justifier les actions entreprises en conservant tous les documents susceptibles de lui être demandés. Il s’agit par exemple : d’attestation de présence à une activité, de compte rendu de réunion, de résultats d’évaluation, de fiche de suivi d’actions d’amélioration (exemple : nouvelle procédure de prise en charge le cas échéant), etc.

Voir sur le site de la HAS...

Que proposent l’UNAFORMEC et la SFDRMG pour faciliter la construction du plan de DPC ?

L’expérience que nous avons avec le BPP des années 2000 nous montre la faisabilité d’un recueil des pratiques et des questionnements du médecin par le médecin. Avec notre nouvel outil informatisé que nous appelons « Mon Bureau Personnel UNAFORMEC » (MBPU), nous proposons de faciliter la construction du Plan personnel de DPC.

L’outil informatique permet de travailler sur toutes les étapes du plan de DPC, chacun choisissant à son gré et selon ses besoins les options dont il souhaite se servir :

Le recueil des problèmes que rencontre le professionnel dans sa pratique réelle, en collectant les questions qu’il se pose.

La possibilité d’archiver les questions avec plusieurs options :

- noter les réponses que le professionnel a apportées lui-même, par exemple par ses lectures, la participation à des réunions de FMC ou de DPC, en interrogeant des collègues, ou encore en parcourant le WIKIDPC ;
- joindre à ces réponses la documentation qu’il pourra réutiliser, notamment la documentation qu’il pourra remettre à ses patients ;
- transmettre ses questions restées sans réponse à la SFRDMG, qui les soumettra à un collectif de médecins, qui travaille à documenter ces réponses à partir des données actuelles de la science.

La planification de son DPC en hiérarchisant ses questions, en les regroupant éventuellement par thèmes. Il est possible de fixer des échéances pour participer à un programme de DPC pour répondre aux questions que l’on s’est posées.

Le suivi dans le temps des questions et des réponses qui ont été apportées ; en notant notamment ce que les réponses ont changé à sa pratique.

La réalisation de son bilan annuel de DPC, en faisant la liste des programmes auxquels le médecin a participé, les questions restées sans réponse, et les modifications des pratiques recensées.

Le stockage des attestations de participation à des programmes de DPC, permettant de satisfaire aux obligations réglementaires.

Le MPBU permet également de décrire les spécificités de sa pratique, de noter ses points forts et ses points faibles, les particularités de sa patientèle, et d’analyser ses compétences en utilisant la grille d’analyse du collège des gynécologues-obstétriciens et gynécologues néozélandais et australiens

Compétences professionnelles

Le MPBU est conçu pour répondre aux besoins de structuration du DPC de tout professionnel du soin, qu’il soit médecin ou non.

Une option du logiciel permet de l’utiliser au sein d’un groupe comme une association locale de FMC ou de DPC, mais également au sein d’un groupe interprofessionnel, tel qu’un pôle ou une maison de santé.

Enfin, l’outil est disponible comme une application que l’on peut télécharger sur son ordinateur personnel, ou consulter en ligne avec un simple navigateur et une connexion internet.

Avec le MBPU, l’UNAFORMEC et la SFDRMG proposent un outil informatique qui facilite la réalisation de son plan de DPC. Il est construit en synergie avec le WIKIDPC qui est détaillé dans un autre article.

Il est à la disposition des médecins et des professionnels de santé, qu’ils utilisent ces outils seuls, individuellement, en au sein une association de FMC/DPC ou dans un regroupement professionnel. Il n’est qu’un outil de la matérialisation de la démarche de chaque professionnel de santé pour planifier son DPC.

Enfin, il ne remplace évidemment pas les réunions physiques qui seront l’essence de la réflexion mutualisée et enrichie.

ACTUALITE

01-01-2017
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