Le 01 juillet 2018 : Exploration des Dysthyroïdies : arrêter le gâchis - S5
Action ANDPC n° 10841800009 S5

Selon des données épidémiologiques françaises déjà anciennes les pathologies thyroïdiennes concerneraient 0,9% des actes en médecine générale, 0,4% en médecine spécialisée, environ un homme pour six femmes, et trois fois plus de patients âgés de plus de quarante ans que de patients plus jeunes. Selon les données plus récentes de l’enquête SUVIMAX, portant sur plus de 10 000 volontaires sains répartis sur toute la France, la fréquence de l’euthyroïdie stricte était supérieure à 80% et celle des dysthyroïdies chez la femme supérieure à 13% .
La prévalence de l’hypothyroïdie fruste définie par un taux de TSH entre 4,5 mUI/L et 9 mUI/L sur deux dosages à un mois d’intervalle est de 1,9% chez l’homme et 3,3% chez la femme avec une sous population à prévalence plus élevée : sujets de plus de 60 ans, sujets ayants des antécédents de pathologie thyroïdienne ou ayant des traitements pouvant favoriser une dysthyroïdie.
L’hyperthyroïdie infra clinique se définit par une TSH inférieur à 0,4mUI/l avec des valeurs de T4 libre et T3 libre normales. Plusieurs synthèses d’études montrent que l’hyperthyroïdie infraclinique concernent 1 à 2% de la population avant 50 ans et 5 à 6% après 80 ans. D’après l’étude NHANES, 1,8% de la population présentait une TSH inférieure à 0 ,4 mUI/L et 0,7% une TSH inférieure à 0,1mUI /L .
Le coût des explorations est important mais beaucoup de prescriptions biologiques ne sont pas conformes aux référentiels.
Faut-il envisager un dépistage systématique ? Aux États Unis la fréquence de l’hypothyroïdie périphérique a fait envisager un dépistage systématique de cette affection chez les femmes de plus de 35 ans pour prévenir les conséquences néonatales chez la femme enceinte ». Mais dans un essai états-unien en double aveugle comparant lévothyroxine, avec adaptation de la dose en fonction des résultats des dosages hormonaux, et placebo chez 677 femmes enceintes en hypothyroïdie fruste et 526 en hypothyroxinémie, il n’y a eu aucune différence significative entre les deux groupes pour la fréquence des complications de la grossesse ou néo-natales, ni pour les résultats des tests annuels de développement intellectuel jusqu’à 5 ans .
Dans un autre essai européen également en double aveugle, lévothyroxine versus placebo sur 737 adultes âgés d’au moins 65 ans (âge moyen 74 ans), atteints d’hypothyroïdie fruste persistante, il n’y avait au bout d’un an aucune différence entre les deux groupes pour un score symptomatique d’hypothyroïdie, des scores de fatigue et de qualité de vie, les tests de force musculaire et de fonction cognitive, les index d’activités quotidiennes de mesures de la PA et calculs d’IMC . En France, un tel dépistage n’a pas été proposé.
L’objectif général est de définir les attitudes en adéquation avec les différents tableaux cliniques rencontrés où une exploration de la glande thyroïde s’impose pour mieux en déduire les examens complémentaires adaptés, en termes de nature et de chronologie ainsi que la décision de traiter ou de s’abstenir de traiter .

Objectifs :
A l’issue de ce programme les participants doivent être capables de :
1. Identifier les sujets à risque d’hypothyroïdie fruste et d’hyperthyroïdie infra clinique.
2. Interpréter un dosage de TSH et proposer une stratégie diagnostique.
3. Définir les critères de traitement d’une hypothyroïdie frustre.
4. Définir les critères de traitement d’une hyperthyroïdie infraclinique.

Animateur : Pierre COLOMBIER

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