De l'EPU à la FMC

Le souci de mise à jour des « connaissances » n’est pas nouveau.

 

Les premières initiatives étaient universitaires, sous le nom d’enseignement post-universitaire, à l’exemple des assises de médecine en 1930. La création à Paris des « entretiens de Bichat » en 1947 a été suivie de réalisations du même type un peu partout dans les facultés de médecine françaises. La décennie 60 est celle des « années EPU ». Dans la logique de la réforme Debré de 1958, cet EPU traditionnel est avant tout lié à une expertise hospitalo-centrée, et pour une grande part CHU-centrée, portant exclusivement sur les connaissances. Parallèlement, comme le souligne P. Gallois [1], des initiatives « locales » ont cherché à rapprocher la formation des professionnels, géographiquement mais aussi pour ce qui était du contenu, sans remettre en cause le rôle de l’Université.

Les années 70 voient la naissance et le développement du mouvement associatif. Ce mouvement, dont G. Scharf, généraliste auprès de Metz, est l’un des promoteurs, va d’abord être généraliste, plutôt en réaction contre le « modèle » d’EPU existant, sur la base de quelques principes élémentaires [2] : petites structures de proximité, réunissant des voisins ou des amis, formation « vraiment » continue tout au long de l’année, personnalisée et diversifiée selon les besoins des participants. Ce mouvement commence à mettre en œuvre les principes de la pédagogie d’adulte (formulation des objectifs, adaptation des méthodes, évaluation des résultats), selon les principes notamment développés à l’OMS par JJ. Guilbert [3].

Le changement de sigle – FMC plutôt que EPU – traduisait la volonté de ses promoteurs de favoriser l’adaptation des compétences plutôt que l’acquisition de connaissances … Il faut attendre les textes sur l’évaluation des pratiques professionnelles pour que soit – enfin – évoqué « officiellement » le problème de la compétence [1].

La loi Delors, en 1971, a marqué un véritable « tournant » pour la formation permanente en général. Non parce qu’elle concernait les médecins libéraux, qui en étaient exclus, comme toutes les professions indépendantes, mais parce qu’elle affichait la volonté du gouvernement Chaban-Delmas de promouvoir l’individu par la formation permanente dans le cadre de sa « nouvelle société ». Les deux syndicats médicaux français de l’époque (CSMF et FMF) avaient été à l’origine des premières tentatives de création d’une structure unique d’EPU dès 1964 (l’AMEPU), qui n’a jamais eu d’activité réelle propre. Ils créent l’ASFORMED (association pour la formation continue des médecins) en 1973, avec un objectif centré sur les professionnels, visant à les promouvoir à travers la qualité de leur exercice et leur implication dans la formation permanente. Ils proposent la création d’un fonds d’assurance formation chargé de collecter et gérer les fonds de toutes origines destinés à la formation permanente, à l’image des fonds de formation créés pour les salariés par la loi de 1971. Ce FAF est créé en 1974.

Dans le même temps, des associations d’initiative locale, avec un objectif plus centré sur l’entretien et l’actualisation des connaissances, la qualité des soins, le service rendu au malade et à la collectivité, se regroupent dans une deuxième fédération, le GOFIMEC (groupement des organismes de formation et d’information médicale continue). Le GOFIMEC s’opposait à l’ingérence des syndicats dans la FMC…

Deux fédérations coexistent donc, avec quelque tumulte, durant 4 à 5 ans… Elles fusionnent en 1978, sous la pression « amicale » du Ministère de la Santé (S. Veil) qui accepte « d’investir » dans la FMC à condition de n’avoir qu’un seul interlocuteur. Les syndicats confient à la nouvelle UNAFORMEC, co-présidée par les deux présidents des précédents groupements, A. Hercek et P. Gallois, la mission de formation continue scientifique. Cela permet dès 1981 une définition consensuelle des objectifs généraux de la FMC [5, in 1] :

 

 

L’objectif entretien et actualisation des connaissances a sans doute été le moteur des premières initiatives universitaires, l’objectif santé publique / qualité des soins plutôt celui des associations, le syndicalisme y ajoutant un objectif promotionnel / professionnel.

Référence :

  1. Gallois P. Historique de la FMC en France. In Gallois P. La formation médicale continue : principes, organisation, objectifs, méthodes et évaluation. Paris ; Médecine-Sciences Flammarion : 1997.
  2. Scharf G. Manuel pratique de la formation continue du médecin. Bayonne ; Intergraphe : 1977. (épuisé, consultable au centre de documentation de l’Unaformec)
  3. Guilbert JJ. Guide pédagogique pour les professionnels de santé. Genève ; OMS : 1990.

 

Notes

[1] On peut cependant noter que même dans la loi de 2002, l’article L 4133-1 dit toujours que « la formation médicale continue a pour objectif l’entretien et le perfectionnement des connaissances »

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01-01-2017
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