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Evaluation des Pratiques Professionnelles et Démarche Qualité

 

....LA QUÊTE D'UNE FMC ZÉRO DÉFAUT

Aspiration permanente vers le produit ou le service infaillible, éprouvée au fil des décennies dans l'industrie, la démarche qualité peut-elle être transposée dans l'univers de la FMC ? Une certitude : elle est un impératif pour la médecine de demain.


La démarche

La démarche industrielle a largement prouvé son efficacité durant ces dernières décennies : pour les produits les plus exigeants de l'aéronautique et du spatial, de l'informatique, du médicament, comme pour la fabrication des objets les plus usuels. Dans le rapport fournisseur/client, les exigences du second rejoignent l'intérêt bien compris du premier. Mais il ne saurait être question de plaquer ce « modèle » industriel sur la FMC. Problème de fond d'abord : la FMC n'a pas pour finalité la « production » d'une formation en soi, mais l'amélioration de la compétence des professionnels formés. On peut supposer que la qualité des soins en dépend, même si ce n'est pas formellement démontré. Problème culturel ensuite : le « volontariat » actuel - essentiellement associatif de la FMC, même « obligatoire » s'accommode mal de la logique commerciale de la démarche industrielle. Mais les outils et concepts de base se rejoignent en de nombreux points communs.
La démarche qualité de l'industrie se résumait vers 1940 au simple constat des produits défaillants. Elle est passée progressivement, au cours du demi-siècle qui a suivi, de la rectification à la prévention, de l'atelier de fabrication à toute l'entreprise, du directif au participatif. Cette évolution a supposé une analyse « systémique » de la production. Pour atteindre l'objectif visé, les compétences sont mises au bon endroit, la logistique assumée en permanence, tout dysfonctionnement analysé, et il y a possibilité de recours en cas de défaillance. Conditions indispensables : un recueil d'information performant et une formation adaptée de tous les acteurs. La solidité de la « chaîne » dépend comme toujours du maillon le plus faible...La non qualité coûte cher : environ 10 % du coût de la production elle-même. Au total, l'existence d'un projet d'entreprise et l'amélioration des produits et de l'image de marque fidélisent les clients. La qualité se vend mieux, quelquefois plus cher : c'est pour des raisons purement commerciales que 60 % des entreprises sont certifiées Iso. Deming (1) a proposé une modélisation de la démarche sous forme d'une « roue » qui avance en permanence.

Les différentes phases

Les quatre phases successives « Plan/Do/Check/Act» sont minutieusement décrites et enregistrées, « certifiées » par un organisme extérieur à l'entreprise qui atteste que le produit, le processus, ou le service audité est conforme aux exigences spécifiées dans les normes Iso.La formation permanente des professionnels en activité a suivi depuis une dizaine d'années une évolution similaire parce que se créait alors un véritable « marché » de la formation rendue obligatoire par la loi. Les entreprises - les financeurs - ont très vite fait savoir que ce marché devait répondre à leurs besoins réels, c'est-à-dire au maintien ou à l'acquisition des compétences professionnelles nécessaires à l'entreprise. La formation ne concerne donc pas uniquement l'organisme de formation et le formé, mais aussi (d'abord ?) les « donneurs d'ordres » qui ont défini le champ de compétences requis. « Au cours de ce processus à responsabilités partagées, un ensemble d'acteurs se partagent droits et devoirs » (2). Et pour nous médecins ?
La loi, a énoncé une obligation de formation dans le cadre prédéfini d'un système de santé aux multiples acteurs. L'analyse critique de l'information médicale d'une part, les multiples facettes de la relation médecin malade d'autre part sont deux approches complémentaires de la qualité des soins dans un système de santé fondé pour l'essentiel sur une solidarité économique entre malades et bien portants. De ce fait, la formation initiale devrait intégrer au moins autant de sciences humaines et sociales que de sciences dites « fondamentales » et la formation continue privilégier l'aspect décisionnel de l'exercice médical.


Références :
1.Labbé (M) Communication au colloque international Unaformec, « La démarche d'assurance qualité : la FMC peut-elle s'inspirer du modèle industriel ? Orly, 26-27 novembre 1999.
2.Collectif, La qualité en formation professionnelle, Paris, Afnor, 1998
3.Chouaid (C.) et al, « Qualité et accréditation dans les établissements de santé. Application de l'expérience acquise en milieu industriel », La presse Médicale, n° 27, 1998, p 166-71.
4.Gallois (P.) La formation médicale continue, Paris, Médecine-Sciences Flammarion, 1997

 

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Mis à jour le 2/12/05


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