De quarante à cinquante ans, s'installe un déséquilibre
oestro-progestatif en rapport avec une insuffisance en progestérone,
ce qui aboutit à une hyper-oestrogénie relative.
Les ménométrorragies fonctionnelles sont expliquées
par 3 mécanismes :
- stimulation stéroïdienne inadéquate aboutissant
à une dysovulation puis à une anovulation,
- réponse endométriale anormale
- perturbation de facteurs locaux (modifications de l'activité
des cytokines, modification des facteurs de croissance, etc).
CONDUITES A TENIR
*Première démarche :
Elle consiste à éliminer une pathologie tumorale
maligne, une infection génitale et bien sûr, une
grossesse intra ou extra-utérine, voire molaire dont la
fréquence augmente avec l'âge.
*Le deuxième temps consiste à évaluer
l'abondance des ménométrorragies dont l'abondance
peut justifier une hospitalisation, voire un geste chirurgical
en urgence.
Dans les autres cas, on débutera un bilan, éventuellement
après traitement progestatif, pour faciliter les explorations.
Ce bilan va reposer sur la numération formule sanguine
puis sur la réalisation de différents examens, en
particulier de l'échographie et de l'hystéroscopie.
Ces deux examens prennent actuellement le pas sur la biopsie d'endomètre
et l'hystérosalpingographie qui voient leurs indications
diminuées.
- L'échographie : cet examen doit toujours être
réalisé par voie abdominale et par voie endovaginale.
Il permet en particulier la mesure de l'endomètre et le
dépistage des hyperplasies, mais aussi, des pathologies
associées (utérines ou annexielles). Lorsque l'échographie
est associée à l'instillation endo-utérine
de sérum physiologique, on réalise alors une endosonographie
qui permet de dépister une pathologie fine, comme des polypes
endo-utérins, des fibromes sous muqueux, .
- L'hystéroscopie permet lorsqu'elle est réalisée
en ambulatoire de visualiser la cavité endo-utérine
et d'éviter ainsi les hospitalisations abusives. Si des
anomalies sont retrouvées (hyperplasie, - polype), on pourra
décider d'une hystéroscopie opératoire, permettant
de pratiquer une résection d'endomètre ou une ablation
de polypes.
- L'hystérosalpingographie est de plus en plus délaissée.
Elle reste, cependant, un excellent examen dans le diagnostic
des adénomyoses en montrant des images quasi-pathognomiques
(asymétrie des cornes utérines, images en bec de
pélican, ).
- La biopsie dirigée d'endométre sera réalisée
au cours de l'hystéroscopie, permettant le diagnostic précis
de l'hyperplasie simple, de l'hyperplasie atypique, voire de l'adénocarcinome
de l'endomètre. Les techniques de biopsie aveugle peuvent
conduire à des faux négatifs.
Les autres étiologies des ménométrorragies
sont souvent mal connues, y compris des gynécologues. Il
faut savoir penser à :
- l'hypothyroïdie
- aux troubles de la coagulation (maladie de Willebrand)
- aux causes iatrogènes (prises de stéroïdes,
anticoagulants, dispositif intra-utérin,.)
LES ASPECTS THERAPEUTIQUES
Les causes fonctionnelles ne seront donc retenues que lorsque
toute étiologie organique aura été éliminée
et dans ces conditions, le traitement visera essentiellement à
corriger l'insuffisance lutéale par une prescription de
progestatif en deuxième partie du cycle ou sur une période
plus étendue, si, se pose le problème d'une contraception
associée.
Dans certains cas, on pourra joindre la prescription d'strogène
pour éviter que la prescription prolongée de progestatif
n'aboutisse à une hypo-oestrogénie trop importante.
Plus récemment, l'apparition de stérilet au Lévonorgestrel
permet dans certains cas de régler à la fois le
problème des ménométrorragies et de la contraception.
Au total, du fait de l'importance de la pharmacopée
française, le recours à la chirurgie doit demeurer
exceptionnel dans les hémorragies fonctionnelles.
Lorsque cette chirurgie est toutefois nécessaire ( persistance
d'une prolifération endométriale, association à
une pathologie organique, intolérance aux traitements médicaux
ou association à une adénomyose), on pourra proposer
des traitements conservateurs (résection d'endomètre)
en ne réservant l'hystérectomie qu'aux cas particulièrement
rebelles, en sachant que de plus en plus, cette hystérectomie
peut être réalisée sans laparotomie, par voie
vaginale, avec ou sans coelio-préparation, donc dans des
conditions moins " mutilantes " avec des suites beaucoup
plus simples autant, durant l'hospitalisation qui est raccourcie
que, durant la convalescence elle aussi plus courte.