Editorial: Des nouvelles de l’EPP
Nous venons d’apprendre que, depuis le départ de l’obligation d’évaluation, fin 2005, plus de 20.000 médecins ont réalisé leur évaluation des pratiques professionnelles.
Il suffit de comparer ce chiffre aux 200.000 médecins concernés pour notablement atténuer la satisfaction des autorités. Par ailleurs, pour être charitables, il ne faut pas se demander combien de médecins libéraux se trouvent dans ces 20.000.
Plutôt que d’en rire ou d’en pleurer, il faut se demander pourquoi nous ne pouvons présenter que ces pauvres chiffres. La responsabilité en est à imputer en premier à la tutelle qui a décidé d’une obligation sans aborder le problème des moyens.
En deuxième lieu, ce qui aurait pu être une richesse, c'est-à-dire la multiplicité des méthodes d’évaluation s’est révélé être un élément de confusion pour des médecins ne sachant plus que faire.
En troisième lieu, tout le monde sait que l’évaluation a un coût et pourtant, sous prétexte que certains coûts sont pris en charge par des structures professionnelles ou des fonds publics, on a pu annoncer ici ou là des évaluations gratuites en concurrence avec les payantes.
Voilà comment d’une décision nécessaire et indispensable pour la qualité des soins et le service rendu à nos patients, on fait un quasi-fiasco et on désespère une partie de la profession.
Docteur Marcel Tobelem
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FPC 2008
Les séminaires de FPC 2008. Le catalogue 2008 est en ligne sur le site de l'UNAFORMEC.
En 2008 l’Unaformec vous propose les thèmes de formations suivants.
- Améliorer la prévention primaire du risque cardiovasculaire
- Diabétique de type 2 : éducation diététique
- Exploration des dysthyroïdies : arrêter le gâchis !
- Pourquoi et comment passer à l’insuline un patient diabétique de type 2 ?
- Alcool, tabac, cannabis, comprendre, repérer, accompagner
- Le médecin généraliste et le dépistage organisé : pour quels cancers
- Le généraliste : soins palliatif et douleur à domicile
- Obésité de l’enfant : prévenir, conseiller, accompagner
- Pourquoi, quand et comment dépister les troubles auditifs et visuels du petit enfant (1 mois – 6 ans)
- Chutes accidentelles chez les personnes âgées : repérer le risque et prévenir la chute
- Dépendance personnes âgées : évaluer, prévenir, gérer
- L’art de prescrire en aigu chez une personne âgée (latrogénie, bonjour les dégâts)
- Prescription des hypolipémiants : évaluer et informer pour une décision partagée
- Voyage au cœur du sommeil : les insomnies : essai de réponses
- Le médecin généraliste et les maladies professionnelles
- Traumatismes et plaies de la main : prendre en charge et informer pour prévenir
- Optimiser l’ordonnance, certes mais pourquoi et comment ?
- Maladies chroniques : aider le patient à gérer sa maladie
- Généraliste et dépression : reconnaître, soigner et accompagner
Visualisez le programme (dates et lieux) et le formulaire d'inscription en cliquant ici
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Alcool,
Tabac, Cannabis : Comprendre, Repérer, Accompagner
En France le tabac serait responsable de 60 000 décès
annuels (10%), l’alcool 45 000. Les risques des drogues dures
sont bien connus, ceux du cannabis le sont moins, mais diverses études
les ont précisés. Bien que le nombre de consommateurs
réguliers tende à diminuer, l’expérimentation
de l’alcool et des ivresses concerne 25% des 12 – 19 ans.
Les polyconsommations passent de 2,4% à 15 ans à 21% à 19ans.
Le problème pour le généraliste avec ces patients
est moins celui des connaissances, du savoir, que des attitudes et
comportements, du savoir faire et du savoir être. Il s'agit d'obtenir
une participation plus efficace et mieux coordonnée des généralistes
aux actions de prévention et de traitement des addictions, en
se centrant sur les trois principales causes : alcool, tabac
et cannabis.
Objectif général : Etre capable de préciser l’importance
du risque lié à l’usage des psycho actifs, notamment
l’alcool, le tabac et le cannabis, d’établir une
relation constructive avec ces patients et les partenaires éventuels
nécessaires pour une prise en charge adaptée.
Pour généralistes. 2 jours.
Un de ces séminaires se déroulera les 23 et 24 mai 2008 à Bordeaux (Aquitaine)
Organisateur:
ChristianPRULIERE 24 05.57.57.17.75. unaformec.aquitaine@orange.fr
Obésité de l’enfant : prévenir, conseiller, accompagner.
Comme dans tous les pays industrialisés, on commence à parler en France d’épidémie d’obésité infantile. Le pourcentage d’enfants présentant un excès pondéral est passé de 3% en 1965 à 16% en 2000. Un petit français sur 4 sera en surpoids dans 25 ans, comme aux Etats-Unis actuellement. Le risque immédiat est surtout d’ordre psychologique, mais pour l’avenir la surmortalité chez l’adulte est de 50 à 80%. Le constat d’une obésité infantile nécessite une véritable analyse de situation, concernant l’enfant et son entourage. Le « médecin de famille », doit agir en coordination avec les autres partenaires, psychologues et nutritionnistes, au plus près des familles et de l’enfant. Il s’agit d’aider le médecin à faire un diagnostic de situation à propos de jeunes patients présentant une obésité avérée ou un risque de surcharge pondérale et mette en œuvre une démarche éducative efficace auprès des jeunes et de leurs familles.
Objectifs : faire un « diagnostic de situation » à propos des enfants posant un problème avéré ou à risque de surcharge pondérale et mettre en œuvre une approche éducative efficace auprès des jeunes patients et de leurs familles au fil des consultations de médecine générale
Quatre étapes :
- Identification des représentations et des difficultés autour de l’obésité chez l’enfant
- L’hygiène de vie du patient obèse ?
- Le poids et l’environnement psycho-socio-culturel
- Élaborer des stratégies au long cours et négocier avec le patient
Formation de 2 jours consécutifs pour Généralistes – 16 crédits
Prochaine session les 25 & 26 avril 2008 à Blois. Responsable Dr Thierry Ouillet. Contact 02 38 45 31 49 nelly.dabee@wanadoo.fr
Le généraliste : soins palliatifs et douleur à domicile.
7 Français sur 10 (70%) meurent à l’hôpital ou en institution alors que le souhait de ces mêmes Français, dans les différentes enquêtes, est de mourir à domicile. C’est pourtant possible dans de bonnes conditions. Les soins palliatifs visent à obtenir un accompagnement de qualité jusqu’au terme de la vie et devraient s’intégrer dans la pratique de tous les soignants, à domicile comme à l’hôpital, et en continuité de soins entre le domicile et l’hôpital. La démarche palliative prend en compte la globalité du malade, dans ses composantes physiques et psychiques, et dans son contexte familial et socioculturel. Dans cette démarche palliative, la douleur et plus globalement la souffrance sont au cœur du problème. Mais que la douleur soit d’origine cancéreuse ou de toute autre nature, sa prise en charge par le médecin généraliste est toujours difficile au domicile du malade en raison de l’environnement et des moyens techniques réduits par rapport à l’hôpital.
L’objectif de cette formation est d’aider les médecins généralistes participants à mettre en œuvre des stratégies adaptées et mieux prescrire les antalgiques, afin que toute personne qui souhaite mourir à domicile puisse bénéficier de soins palliatifs et d’un accompagnement adapté à son état de santé et à son contexte sociofamilial.
Quatre étapes :
- La démarche palliative
- La douleur nociceptive
- Les autres douleurs et symptômes d’accompagnement
- Le travail en équipe ou en réseau pour optimiser la prise en charge de la douleur a domicile
Séminaire de 2 jours consécutifs pour médecins généralistes.
Prochaine session : 16 et 17 mai 2008. Nancy Lorraine
Organisateur:
StéphaneLAMBERT 24 03.83.49.37.49 amppu54@wanadoo.fr
Sevrage tabagique en soins de premier recours.
Orléans 16 et 17 mai 2008
En l’absence de toute aide pharmacologique ou non pharmacologique à l’arrêt, les taux de sevrage tabagique apparaissent faibles, de l’ordre de 3 à 5% à 6-12 mois. La plupart des rechutes surviennent au cours des 8 premiers jours de l’arrêt. Parce que le tabagisme est un comportement renforcé par une dépendance, dont la nicotine est principalement responsable, seule une minorité de fumeurs parvient à une abstinence permanente dès la première tentative d’arrêt, alors que la majorité persiste dans une consommation de tabac sur plusieurs années selon une alternance de périodes de
rechutes et de rémissions.
Les recommandations actuelles insistent sur l’accompagnement des fumeurs, avec une association d’un traitement médicamenteux en cas de dépendance physique forte, et d’une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) en cas de dépendance psychologique.
Ce séminaire se veut pragmatique, en abordant par des exercices, les différentes prises en charge (dont le traitement médicamenteux), et en proposant une initiation à l’entretien motivationnel, avec des outils directement utilisables en consultation. Ce séminaire n’abordera pas le problème des adolescents, plus complexe, notamment en raison des polytoxicomanies et de l’abord de la prévention primaire, ni celui de la grossesse.
Il n’abordera pas, volontairement, les problèmes liés à l’alcool. En effet, le sevrage de l’intoxication alcoolique est souvent une priorité sur celle du tabagisme, en raison de la déstructuration sociale fréquemment associée.
Objectifs :
1. décrire le parcours des fumeurs
2. décrire les différentes dépendances des fumeurs
3. dispenser le conseil minimal
4. comprendre et évaluer les dépendances d’un fumeur (physique, psychologique et comportementale)
5. rechercher et évaluer anxiété et dépression chez le fumeur
6. évaluer la motivation à l’arrêt
7. décrire les modalités d’action des différents traitements médicamenteux disponibles, leurs indications, leurs avantages, leurs inconvénients et leurs modalités de prescription et de surveillance
8. Permettre à un patient d’augmenter sa motivation au sevrage
9. Construire avec le patient le plan de suivi après sevrage
10. Identifier les situations dans lesquelles le recours à une consultation spécialisée de tabacologie est recommandé.
Orléans, 16 et 17 mai 2008, pour médecins généralistes. 16 crédits. Inscriptions vial le site web / http://perso.wanadoo.fr/ucaformec/
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Journal Faxé du 2 avril 2008: L'UNAFORMEC: et après ?
« Les temps changent ». A coup sûr les hommes aussi, patients et médecins confondus. Et leurs préoccupations. Et leurs envies. Les concepts d’hier répondent- ils encore aux besoins d’aujourd’hui ?
Que s’est-il construit ? Des professionnels voisins, « concurrents » se sont retrouvés – parfois – pour parler – ensemble - de leurs pratiques, définir ce qui pouvait aller mieux. Ils ont ici invité un « orateur », là fait un véritable travail de recherche, ailleurs instauré des pratiques coopératives. Leurs associations se sont regroupées, fédérées, organisées. Ils ont regardé plus objectivement leurs connaissances et leurs pratiques, découvert que l’interactivité produisait plus que la simple écoute, compris que la parole d’une éminence ne suffisait pas toujours à faire une vérité… Cette construction remarquable témoigne du foisonnement et de l’intelligence du monde associatif. Que les uns aient quitté depuis la « maison mère », que d’autres aient repris pour leur propre compte, ces acquis, ne change rien à leur qualité d’open source, pour utiliser un terme informatique d’aujourd’hui…
Qu’avons-nous apporté ? L’Unaformec peut regarder avec fierté ses 30 années d’existence, passées à promouvoir et diffuser la pédagogie par objectifs, l’évaluation médicale, les pratiques factuelles… Grâce à l’énergie associative, elle a su les conceptualiser, favoriser des complémentarités transdisciplinaires. D’autres pistes sont à explorer : nouveaux concepts et techniques pédagogiques, par exemple à partir de l’apport des sciences cognitives, nouvelle communication avec nos malades, réellement appuyée sur les données factuelles, nouveaux partenariats avec le patient « expert » de sa propre santé, organisation plus rationnelle du système de soins. Sur tous ces enjeux nouveaux, les apports de toutes les forces vives de la profession sont nécessaires, bien au-delà de l’Unaformec.
L’Unaformec, et après ? Personne ne souhaite la mort des milliers d’associations qui maillent le territoire français. Leur travail n’est pas parfait : il est réel, sans doute irremplaçable. « L’étiquette Unaformec » peut indisposer certains, en motiver fortement d’autres : chacun est libre de ses choix, et même de ses « non-choix » pour toutes les associations qui préfèrent leur splendide isolement. Il est pourtant plus raisonnable, en 2008 en tout cas, qu’une « représentation » nationale soit suffisamment forte pour qu’aucun décideur ne puisse croire, ou faire croire, que les médecins français ne se forment pas, puisqu’ils ne sont pas capables d’en fournir la preuve administrative… La démographie médicale de demain risque de faire atterrir rudement ces penseurs d’aujourd’hui. Hier, le « quadripartisme » utopique des débuts permettait au mieux cette représentation. Il n’est plus, et tout est à réinventer.
JP VALLEE
PS. Le tribunal correctionnel de Paris a débouté jeudi 13 mars les producteurs de sel qui poursuivaient en diffamation Pierre Meneton qui les accusait en 2006 de minimiser les risques des excès de sel sur la santé (cf nos précédents Jurnaux faxés)
Pour
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…Les pratiques médicales évoluent en permanence, l'information médicale est surabondante. Notre premier objectif est d'en faire le tri sans a priori, mais sans concession, en s'appuyant sur les faits probants- la médecine factuelle - mais aussi sur les valeurs propres à l'engagement du milieu associatif : justification et utilité de toute décision médicale, partage avec les patients, coordination entre les différents acteurs de santé, respect absolu de l'éthique médicale.
En quoi Médecine apporte t-elle « quelque chose de plus » à ceux qui se reconnaissent dans l'UnaformeC ? Nous le voulons, pour tous ceux que passionnent les soins primaires, un « outil » précieux. Mais il n'est pas le seul… L'application des données validées au contexte pragmatique de l'exercice quotidien, la valorisation des travaux réalisés en soins primaires, la réflexion sans compromis, mais sans dogmatisme, sur notre système de santé, l'indépendancetotale de cette approche, nous semblent marquées du sceau fondateur de l'UnaformeC ;
et surtout promesses d'avenir pour une discipline aujourd'hui en pleine crise, mais dont la qualité est indispensable au fonctionnement du système tout entier.
Dans ce contexte, les valeurs éthiques de Médecine fondent sa légitimité parmi les quelques revues indépendantes en langue française. Mais son existence dépend de vos abonnements. Si tous les adhérents de l'UnaformeC concrétisaient leur accord à notre démarche en signant leur chèque d'abonnement, Médecine se trouverait vis-à-vis de tous nos partenaires institutionnels en position de force et d'influence du fait de sa notoriété et de sa totale indépendance.
Jean-Pierre Vallée
Rédacteur en chef
de Médecine.
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