Cette organisation présente trois caractéristiques majeures. D’une part, les pratiques de FMC se font pour partie en dehors de l’hôpital : les praticiens hospitaliers organisent individuellement et sans l’intervention financière de l’administration ni de la communauté médicale hospitalière la majeure partie de la FMC ; ils le font à travers leurs sociétés savantes, leurs fédérations de spécialité, et par le biais de sources de financement diverses (université, associations, mais surtout laboratoires pharmaceutiques). Le financement hospitalier de la FMC ne représente d’ailleurs qu’une part faible des pratiques de FMC des praticiens. D’autre part, l’hôpital organise des formations essentiellement dans les domaines de compétence liés au fonctionnement hospitalier, et non liés au domaine strictement médical et scientifique. Elles ont donc trait en particulier à la gestion et au management, et sont souvent destinées à accompagner des prises de fonction (chef de service) ou des projets hospitaliers (démarche qualité, projet d’établissement). Ces formations « hospitalières » destinées aux praticiens sont organisées conjointement par l’administration de l’hôpital et les représentants de la commission médicale d’établissement. Enfin, la commission médicale d’établissement a un rôle central aux côtés du directeur dans la politique de formation de l’hôpital (plan de formation, répartition des moyens), rôle qui lui a été confié par les textes réglementaires (cf. supra). Néanmoins, elle répartit la plus grande partie des fonds au coup par coup entre les praticiens pour financer leur participation à des congrès médicaux ou à des séjours dans des structures étrangères.
Le CNFMCH a conduit une enquête auprès d’un échantillon aléatoire de 100 PH (55 en CHG, 45 en CHU) issus de toutes les régions françaises (DOM compris). En voici les principaux résultats :
Les 100 répondants étaient issus de 25 spécialités différentes. Les anesthésistes-réanimateurs représentaient le quart des professionnels ayant répondu au questionnaire ; 4 spécialités, présentes dans l’échantillon aléatoire, ont été nettement sous-représentées dans les réponses : la gynécologie-obstétrique (un répondant sur les 8 praticiens tirés au sort), la médecine générale et gériatrique (8 répondants sur 19 sélectionnés), la gastro-entérologie (aucun répondant sur 6 sélectionnés) et la dermatologie (aucun répondant sur 3 sélectionnés). Les 100 répondants avaient obtenu leur doctorat entre 1967 et 2000 (54% avant 1987)
En 2003, les 100 répondants du questionnaire ont suivi l’équivalent de 640 jours de congrès, soit 6,4 jours par praticien en moyenne.
o Les congrès, séances de formation et formations CME, ont représenté la moitié du temps qu’ils ont consacré à la FMC en 2003 (soit 50,3%) : il s’agit, de loin, de leur premier mode de formation.
o Suivent les groupes d’études (pratiques professionnelles…), qui représentent près du quart du volume horaire consacré à la FMC (21,9%), puis les recherches cliniques (12, 9%) et la participation à des staffs (10,7% du temps de FMC).
o Les autres modes de formation ont des parts faibles dans le temps dédié à la FMC : 1,9% pour l’animation de formation continue et l’enseignement, 1,3% pour les lectures d’articles et de livres, et 1% pour les consultations et formation par internet.
o La part relative des staffs dans le volume horaire global consacré par les praticiens à leur FMC montre l’importance de ce mode de formation, soulignée en particulier par les anesthésistes-réanimateurs. Les staffs permettent en effet d’aborder l’ensemble des difficultés et des problématiques rencontrées par les services hospitaliers dans leur pratique quotidienne. Ils constituent l’une des spécificités des praticiens hospitaliers. Une très grande majorité des praticiens y ont recours : sur 100 répondants, 86 praticiens déclarent avoir participé à des staffs en 2003 et 2004 (seulement 14 praticiens n’en ont pas eu). Le volume horaire des staffs représente de 0 à 22 heures par mois et par praticien. En moyenne, les staffs ont représenté 7h12mn par mois et par praticien en 2003, et 6h43mn par mois et par praticien en 2004.
En 2003, pour les 100 répondants, 848 jours de FMC ont porté sur des thématiques médicales et scientifiques. En moyenne, un praticien a consacré en 2003 plus de 8 jours à des actions de formation portant sur des connaissances médicales et scientifiques. Le nombre moyen en jours ne prend pas en compte l’intégralité du champ comme le présente le point précédent. La moitié des formations suivies (49,7%) portent sur des thématiques médicales ; près d’un quart (22,4%) ont trait aux connaissances propres à l’environnement hospitalier. 17,1% des formations suivies concernent le développement de protocoles. Les formations liées au développement professionnel et personnel occupent une place mineure (10%), ce qui est encore plus vrai pour les formations d’initiation à la recherche (0,8%).
Si les moyens et les structures pour la FMC semblent exister dans près de la moitié des établissements, une part relativement importante de praticiens n’en a pas connaissance.
Pour 55 praticiens sur les 100 répondants, il existe une commission FMC dans leur établissement (24 répondants ne se prononcent pas).
Pour 58 praticiens, il existe également une bibliothèque médicale dans l’établissement (26 praticiens n’ont pas de bibliothèque médicale, et 16 répondants ne se prononcent pas).
Les besoins de formation médicale sont analysés par la CME dans 27% des cas seulement (ils ne le sont pas dans 39% des cas, tandis que 34% des praticiens interrogés l’ignore).
70% des praticiens interrogés bénéficient d’un accès internet dans leur établissement pour consulter les revues médicales en ligne (17 praticiens n’ont pas répondu à cette question).
Au regard des résultats de l’enquête, la FMC des hospitaliers est très peu soumise à évaluation (16% des actions ?), l’acquisition des connaissances et/ou des pratiques à l’issue des formations n’a été contrôlé que dans 7% des cas, avec très peu de différences entre les pratiques de FMC des répondants issus de CHU et ceux provenant de CHG. Les seuls écarts constatés portent sur :
la participation à des groupes d’études, mais uniquement pour les groupes organisés par les sociétés savantes ;
la participation aux staffs hospitaliers ;
la participation à des recherches cliniques ;
et la présence d’une bibliothèque médicale dans l’établissement.
Pour toutes les autres réponses du questionnaire, et en particulier pour celles relatives aux modes de formation des praticiens, aucune différence significative n’est relevée.
La plupart des questionnaires font ressortir les difficultés que connaissent les praticiens pour se former, et donc pour valider leur obligation de FMC-EPP. Ces contraintes tiennent essentiellement à l’organisation du travail et à des considérations financières. Elles ont été prises en compte pour l’élaboration du barème du CN FMCH, un barème qui se veut réaliste et pragmatique, et qui ne peut ignorer la réalité hospitalière avec ses difficultés.
Les répondants ont souligné trois séries de difficultés :
le manque d’effectifs et de temps ;
les problèmes de financement de la FMC, laissant beaucoup de formations à la charge du praticien ;
dans une moindre mesure, le manque de moyens et l’offre de formation inadaptée aux besoins des praticiens.
Le CN FMCH conclut en signalant la prudence avec laquelle doivent être accueillis ces résultats, notamment en raison de la représentativité de l’échantillon, et en affirmant la nécessité d’études plus poussées sur les données réelles de la FMC des hospitaliers.
Ce texte a été écrit à partir des données du récent rapport du CN FMCH : Bertrand D. Rapport du CNFMCH sur la formation médicale continue (FMC) des praticiens hospitaliers. Janvier 2005.
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