L’histoire des CNFMC reste donc à écrire. Le rapport de l’IGAS soulignait la nécessité d’un cadre unique pour l’EPP et la FMC, proposant de donner compétence à la Haute Autorité de santé pour l’agrément des organismes en matière d’EPP, et de lui permettre d’héberger les conseils nationaux de FMC, selon un protocole à définir [7]. Il pointait le manque de données sur les pratiques actuelles d’EPP et de FMC, l’omniprésence des conflits d’intérêts, l’opacité de certains financements.
Onze ans après la publication de l’ordonnance de 1996, une « période de transition » semble s’ouvrir. La France rejoint la quasi-totalité des pays européens qui ont mis en oeuvre au cours des 20 dernières années des dispositifs de FMC assez analogues : responsabilité confiée aux professions médicales, « crédits » horaires pour les médecins, souvent dans le cadre de plans pluriannuels, réponse à des critères de qualité équivalents d’un pays à l’autre [4].
L’évolution des structures semble sur le point d’aboutir. L’évolution des concepts, sans doute la plus importante, reste encore à faire. « Entre formation et pratique, il y a lien indissoluble et allers-retours incessants.
L’évaluation est au cœur des deux.
Une EPP qui n’induirait pas de formation sur les insuffisances rencontrées n’aurait aucun sens. Une formation qui répondrait au besoin ainsi défini sans évaluation secondaire des résultats sur les pratiques n’en aurait pas davantage. Une EPP qui se résumerait à une évaluation des procédures sans s’intéresser aux processus complexes sous-jacents n’aurait aucune chance de répondre à autre chose qu’un besoin de docimologie. Une FMC qui ne s’appuierait pas très concrètement sur une première phase – sous toutes les formes que l’on voudra - d’analyse préalable des compétences professionnelles ne pourrait en aucun cas déclencher des changements durables de pratiques erronées... Le « mouvement perpétuel » existe en médecine ! » [8]. Depuis quelques années, cette évolution se fait dans les pays anglo-américains du « Continuing Medical Education » (CME) vers le « Continuing Medical Development » (CMD).
Comme le souligne JM Chabot [4], ce ne sont pas que des mots : il y a déplacement des idées de la pédagogie et de l’actualisation des connaissances vers l’exercice professionnel et tout ce qui permet de l’améliorer. La place des guides de pratique clinique et leur implémentation dans la « vraie vie », les nouvelles approches de la décision médicale, les profondes modifications de la relation médecin-malade, avec sans doute à très court terme l’irruption des représentants des « usagers du système de santé » dans les différentes instances qui le concernent, les problèmes de ressources des systèmes de soins, mais aussi de démographie médicale, sont autant de pistes de réflexion pour la profession toute entière. Les membres des CNFMC, entre autres, ont leur rôle à jouer dans un paysage extrêmement mouvant dans les années qui viennent.
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